samedi 16 décembre 2017

10 kilomètres dans la gadoue

Dimanche dernier, plus de huit ans après la dernière fois, j'ai participé à une course à pied officielle.

Enfin, quand je dis huit ans, c'est faux. Il y a deux ans, j'avais déjà essayé de m'y remettre. Je m'étais inscrite à une course. Mais après une première boucle de 5 km, quand je m'étais rendu compte que j'étais la toute dernière et surtout que mes jambes refusaient de me porter plus longtemps, j'avais abandonné au milieu. J'étais repartie morose, en ayant envie de crier à tout le monde "Oui mais depuis la dernière fois j'ai eu trois enfants, d'abord ! Et une grossesse gémellaire qui m'a fait prendre du poids et perdre des muscles ! Et quasiment pas une seconde pour faire du sport !" Sauf que bon, les coureurs à qui j'aurais voulu crier ça étaient beaucoup trop loin. A part les quelques-uns qui étaient déjà arrivés parce qu'ils avaient fait deux boucles avant même que moi je termine péniblement la première. Frimeurs.

Bref, dimanche dernier, j'ai réessayé. Cette fois, ça faisait quelques mois que j'essayais d'aller courir plus ou moins régulièrement, donc j'avais bon espoir d'arriver au bout, en mettant le temps qu'il faudrait. Autrefois, avant d'avoir les sales mômes, je faisais 10 km en une heure. Alors maintenant, allez, une heure et vingt minutes ? Une heure et demie, au pire ?

J'étais motivée, je vous jure. Mais quand mon réveil a sonné, parce que la course était à 9h30 et que donc j'avais dû mettre mon réveil, à 7h30, un dimanche,
quand j'ai vu qu'il ferait encore nuit même au moment où je partirais de la maison,
quand j'ai vu que dehors, c'était le déluge,
quand j'ai vu qu'il faisait 4 degrés,
j'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à ne pas renoncer.
(Et accessoirement, je me suis demandé pour quelle raison je n'avais pas choisi de faire ma première course depuis huit ans au printemps. Qu'est-ce qui m'a pris ? C'était si urgent que ça ?)

J'y suis allée, néanmoins. A vélo, même, pour me mettre en jambe (et puis parce que ça évite de revenir en métro, rouge, trempée, gadouilleuse et malodorante, sous le regard horrifié des autres passagers) (et sans un bouquin à lire) (c'est surtout ça, en fait).

Cela dit, comme j'ai un faible pour les situations cocasses, contre toute attente, sur la ligne de départ, j'étais de bonne humeur. Hilare, même. Tout le monde râlait, parce qu'il pleuvait encore, et surtout parce que le parcours était en grande partie en forêt, sur des chemins de terre. Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, n'est-ce pas ? La terre, quand il a plu pendant des heures non-stop, ça devient plus liquide que solide. En clair, il y avait des grandes portions de l'itinéraire où la boue était telle qu'on ne pouvait pas courir : tout au plus pouvait-on marcher, en faisant très attention où on mettait les pieds, sous peine que l'épreuve de course se transforme en concours de natation.

Et donc j'ai couru, marché, pataugé, nagé. Et je suis arrivée au bout, sans m'être arrêtée une seule fois, sans avoir été tentée de renoncer. Je n'étais pas la dernière, même pas dans les cinquante derniers, je pense. (En fait je me rends compte à l'heure où j'écris ces lignes que je ne suis même pas allée voir mes résultats, tellement je m'en fichais. Je viens de le faire : j'étais la 680e sur 763, soit la 50e de ma catégorie, "femme d'un âge respectable" – en vrai on dit vétérane). Et j'ai mis moins de temps que prévu. 1h et 10 minutes, soit juste une minute par kilomètre de plus qu'il y a une dizaine d'années. Ça pourrait être beaucoup mieux, ça pourrait être bien pire. Mais surtout, ce qui compte, c'est que je suis arrivée au bout. J'ai relevé le défi. Je peux encore le faire. Et je suis revenue drôlement fière de moi. Et ça, ça n'a pas de prix. Je recommencerai, c'est sûr. Peut-être même un jour sans gadoue, pour varier les plaisirs.

(J'aimerais vous dire que mes enfants m'ont applaudie quand je suis arrivée, mais pas du tout, ils ont à peine levé le nez de leurs Lego. Ils voulaient tous que je leur file ma médaille, par contre...)

dimanche 3 décembre 2017

Echange de maison

Cet été, j'ai passé deux semaines à Londres avec ma mère, ma soeur-ado, et les Things (pendant que Darling emmenait le Grand et le Filou à la mer). Je m'étais promis de vous raconter nos vacances, ce que je n'ai pas fait, et de vous envoyer des cartes postales virtuelles, ce que je n'ai pas pu faire. Mais surtout, je voulais vous raconter comment nous avions fait pour loger à Londres, à cinq, pendant 14 nuits, sans devoir braquer une banque ou vendre un enfant.

La réponse tient dans les trois mots du titre : échange de maison.

Si jamais certains d'entre vous ne connaissent pas le concept, c'est tout simple : vous allez loger chez une famille qui, en retour, vient loger chez vous, soit à la même date, soit en décalé dans le cas d'un échange non-simultané. C'est gratuit (sauf l'inscription au site), ça repose sur la confiance (les problèmes sont très rares, mais il y a une assurance), et c'est génial. Non seulement pour des raisons économiques (c'est LE frein aux vacances, surtout quand on a un certain nombre d'enfants et qu'on veut partir plus qu'un weekend : trouver un hôtel ou une location à un prix raisonnable pour cinq ou six est impossible), mais aussi parce que ça permet de vivre dans un endroit vivant, comme les autochtone, avec une cuisine (ce qui évite de se ruiner au restaurant ou de se contenter de sandwichs), avec des jouets (qui vous sauvent la vie quand vous avez des mômes), avec une machine à laver, des livres, des DVD, des vélos, etc., selon l'endroit où l'on tombe.

Mes parents avaient pratiqué quelques fois quand j'étais adolescente, et je me souviens en particulier de quinze jours dans une très belle maison au bord de la mer en Toscane ; par la suite, ma mère était aussi allée en Californie, à l'époque où Internet n'existait pas et où il fallait mettre une petite annonce dans un catalogue et contacter les gens par lettre ou téléphone. Je m'étais toujours promis d'en faire autant, mais malheureusement, Darling fait partie de ces gens qui ne supportent pas l'idée que des inconnus puissent fouiller dans leurs sous-vêtements ou lire leur correspondance de jeunesse (alors que, soyons clairs, non seulement les gens qui viennent en vacances dans votre région ont autre chose à faire qu'espionner votre vie intime, mais en plus, même s'ils tombent sur un sex-toy rigolo ou le journal intime où vous confiiez vos amours impossibles à quinze ans, on s'en fiche complètement, non ?).

Du coup, quand nous avons décidé d'aller à Londres, c'est ma mère qui a mis sa maison sur Homelink, et j'y ai ajouté la maison de ma grand-mère en Italie pour augmenter nos chances. Nous nous y sommes prises un peu tard (les gens commencent à proposer des échange environ six mois avant les vacances, or nous étions déjà au printemps), mais par miracle, après vingt ou trente tentatives vaines, nous avons trouvé une famille qui a accepté un échange non-simultané : ils étaient absents en août et voulaient bien nous céder leur maison si nous pouvions faire en sorte de libérer la nôtre pendant les vacances de Noël. Et voilà comment nous avons eu à notre disposition, pendant quinze jours, une maison dans une ruelle adorable et typiquement anglaise, avec quatre chambres, trois salles de bain, une grande cuisine, le tout près d'un très grand parc et pas loin d'une station de métro qui conduisait tout droit vers le centre de Londres.
Et franchement, ces vacances font parties des meilleures vacances que j'ai passées depuis la naissance des Things. Puisque, pour la première fois, nous avions le temps de profiter de Londres (alors qu'à chaque fois que j'y vais, c'est en coup de vent, justement pour des question de prix d'hôtel ou parce que je suis logée chez quelqu'un et que je ne veux pas abuser de son hospitalité), nous avons pu voir tout ce qui nous faisait envie, sans pour autant faire de stakhanovisme touristique.

J'ajouterai que ces échanges permettent aussi parfois de faire la connaissance de gens qui, par définition, sont ouverts d'esprit, curieux, et aiment voyager en découvrant la culture d'autres pays (plutôt qu'en se prélassant dans un club med aseptisé avec piscine et repas standardisés). J'ai même fini par recevoir des Danois chez qui je doute pouvoir aller moi-même, simplement parce qu'ils m'étaient sympathiques et que ma maison italienne était disponible aux dates demandées ; nous sommes arrivés là-bas quelques heures avant qu'ils repartent, et nous avons déjeuner ensemble dans une ambiance très détendue. De même, nous rencontrerons bientôt nos hôtes anglais à Noël, quand ils arriveront chez ma mère juste avant notre départ.

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça maintenant ? Parce que sur Homelink, les échanges de proposition concernant les prochaines vacances d'été sont en train de commencer. Et que je me suis dit qu'il fallait vraiment que j'en parle à ceux qui ne connaissent pas ou qui hésitent à sauter le pas. Les choix qui s'offrent à moi me donnent presque le tournis. Berlin ? Édimbourg ? Rome ? Bruges ? Aarhus ? Rennes ? Je ne pensais pas que j'aurai un jour l'occasion d'hésiter entre toutes ces destinations en ne m'inquiétant que du prix du transport... Vivement les prochaines vacances, où qu'elles soient !



PS: Homelink n'est pas le seul site qui propose ce genre de choses, mais après une rapide étude de marché, c'est celui qui nous a le plus convaincu, et c'était déjà l'organisation par laquelle passaient mes parents autrefois. Il va sans dire que ce billet est spontané et absolument pas sponsorisé !  

PS du 04-12 : pour ceux qui hésitent, on peut faire une inscription temporaire d'un mois gratuitement avant de s'inscrire pour de bon.

vendredi 1 décembre 2017

Marche surplace

Aujourd'hui, en conduisant Miss Thing One à son cours de danse, j'ai vu une femme qui arrivait en voiture au club (qui fait aussi salle de sport), et quand je suis repartie, j'ai vu qu'elle était en train de marcher sur un tapis roulant.
Elle est venue en voiture marcher sur un tapis roulant.

Non, ne me dites pas qu'elle n'aime peut-être pas marcher en ville, qu'elle a peut-être peur de marcher dehors alors qu'il fait nuit quand elle sort du boulot, qu'elle connaît le bois le plus proche par cœur, ou n'importe quelle excuse du genre. Pensez juste à cette société dans laquelle des gens sont tellement sédentaires qu'ils considèrent qu'ils doivent prendre le temps d'aller faire du surplace en marchant sur une grosse machine chère, électronique, et qui consomme de l'électricité.

Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à qui ça donne envie de tout faire sauter ?



(Le Grand était moins indigné que je l'aurais souhaité, jusqu'à ce qu'il apprenne que l'abonnement à la salle de sport n'était pas gratuit.) ("Tu veux dire qu'elle a payé pour marcher ? Mais elle est folle ?")

mercredi 29 novembre 2017

Peluche diététique

Début des achats de Noël. Dans la mesure du possible, je vais dans des "vrais" magasins, surtout pour les livres ; mais parfois, pour certains trucs bien spécifique, Internet est la seule solution (il est loin le temps où j'avais appelé quinze magasins à la suite avant d'envoyer Darling à l'autre bout de Paris chercher la seule peluche en forme de flamand rose de la capitale, parce que le Grand, à trois ans, faisait une fixation sur cet animal !)

Miss Thing One veut une peluche de Tiplouf. Pour les ignorants, c'est un pokemon – un parmi des centaines d'autres. Autant dire que je pourrais chercher longtemps "en vrai". Mais heureusement, il y a Amazon Marketplace, la plate-forme d'Amazon pour les marchands divers et variés !

Je trouve trois ou quatre références. L'une des boutiques virtuelles, nommée Maillacq, est située en France, ce qui devrait signifier que l'objet ne mettra pas deux mois à arriver. Je passe commande. Gagné : moins de deux jours plus tard, le facteur m'apporte une enveloppée. Qui contient un paquet rigide. Étonnant, pour une peluche. Ils ont dû la glisser dans une boîte.

Sauf que dedans, il y avait de la levure de bière diététique au malt d'orge. Une "pépite nutritionnelle de la nature", d'après le paquet. Un "cocktail de bienfaits", une "source de vitalité" qui "contribue à votre bien-être".

Je suis sûre que ma fille sera très sensible à cet argument quand elle trouvera ça sous le sapin à la place de sa peluche de Tiplouf...


(PS : on m'a remboursée. Et en fin de compte, j'ai eu de la chance. En enquêtant, je suis tombée sur un forum avec tout un fil de discussion consacré à Maillacq : des dizaines de gens avaient commandé des appareils à raclette en promo, et avaient reçu à la place... des cagoules ! Du coup je n'ai pas retenté le coup : j'ai commandé la peluche à un autre vendeur, situé en Grande-Bretagne.)



dimanche 26 novembre 2017

Masculin pluriel

Ce sont cinq filles qui se sont donné pour mission de sauver les animaux grâce à des pierres précieuses magiques (une série pour les 7-9 ans que je traduis actuellement, d'une haute valeur littéraire, si si). Dans ce volume-là, elles sauvent un petit faon attaqué par des méchants braconniers. Elles l'emmènent en lieu sûr, mais figurez-vous qu'en chemin, il se met à pleuvoir.

Eh bien oui, je l'avoue, quand je parle de cinq filles et d'un faon (aussi mignon soit-il), écrire qu'en arrivant à la maison "ils étaient trempés", ça me dérange un peu.

jeudi 23 novembre 2017

Mr Thing Two choisit son métier

— Maman, tu sais ce que je veux faire quand je serai grand ? me demande Mr Thing Two.
— Eh bien, autrefois tu voulais être cascadeur, et ces derniers temps, tu avais envie d'être savant fou, enfin, chimiste, non ?
— Oui mais j'ai eu une autre idée. Je serai vendeur de vélos électriques, comme ça tu seras fière de moi !

Brave petit. Une objection, cependant :

— Pourquoi des vélos électriques ? Ça peut être très utile, bien sûr, mais quand on n'a pas besoin d'aller très loin ou de transporter des choses lourdes, des vélos tout court, c'est encore plus écologique.
— Parce que c'est plus cher, donc je gagnerai plus d'argent !

La fierté maternelle, c'est bien, mais ça ne nourrit pas son homme.

mercredi 22 novembre 2017

Des personnages en situation précaire

Couchés sur un énorme disque de pierre posé en équilibre sur une pyramide. En-dessous, un gouffre – avec au fond des piques de métal, pour faire bonne mesure. S'ils bougent le moindre muscle, ils sont morts. Mais ils n'ont plus qu'environ trois minutes pour sauver le monde (et accessoirement la sœur du héros), donc il faut qu'ils bougent. Et puis de toute façon, le disque est incliné, et il commence à glisser.

J'ai toujours des scrupules à laisser mes personnages dans des situations pareille au moment d'aller au lit.

J'ai même regardé si par hasard je ne pourrais pas les sortir de là en traduisant deux ou trois pages de plus que prévu, pour avoir bonne conscience. Mais trois pages plus loin, ils sont en train de détaler dans un couloir qui se termine sur un précipice, poursuivis par un gigantesque rocher qui roule vers eux à toute allure. Donc tant pis, je les laisse sur leur disque de pierre jusqu'à demain matin. Au moins, ils sont couchés...

mardi 21 novembre 2017

Un cadeau pour Miss Thing One (et pour toute la famille)

Pendant le dîner, j'annonce :
— Demain, on écrit les lettres au Père Noël !
Excitation intense. Ils se mettent tous à parler en même temps. Quand elle arrive à en placer une, Miss Thing One me dit joyeusement :
— Moi, tu sais déjà ce que je veux : le troisième disque des Kids United, et un lecteur PM... N3... BN3...
— MP3, ma puce.
— Pourquoi faire ? s'étonne le Grand, à qui quelqu'un en a offert un il y a longtemps et qui ne l'a jamais utilisé.*
J'explique :
— Pour pouvoir écouter les trois albums des Kids United y compris le matin quand tu dors encore, au lieu de devoir se limiter à une plage horaire aussi ridiculement réduite que 10h30-19h30.
— Oui, et puis comme ça, je pourrais les écouter autant que je veux et je dérangerai personne et vous viendrez pas me dire de mettre moins fort ! se réjouit-elle.
— Excellente idée, approuve le Grand.
— Je suis d'accord, ajoute Mr Thing Two.
— Ah oui, ah oui ! approuve le Filou.
— Ouf ! fait Darling.
On dirait que ça fait l'unanimité, donc.

* Pratique : il sait donc déjà ce qu'il va offrir à sa sœur.

lundi 20 novembre 2017

Ceci n'est pas une comédie romantique

(Mais non, le titre n'est pas une allusion à ma situation actuelle, c'est le titre d'une pièce que je suis allée voir !)
(Je refais une tentative pour réveiller mon blog de sa léthargie. Si vraiment je m'aperçois que je n'ai vraiment plus la tête à ça, je ferai une pause de quelques mois.)


J'y suis allée complètement par hasard, parce que j'avais eu des invitations par Télérama, sans avoir la moindre idée de ce que ça valait. Le titre m'avait vaguement intriguée : "Ceci n'est pas une comédie romantique", pièce de Yanik Vabre avec seulement deux acteurs, un homme et une femme.
— Je parie que c'en est une quand même, a prophétisé Darling.
J'ai invité une amie au débotté, et je suis partie pour le Funambule, ce théâtre juste à côté de Montmartre dont je n'avais jamais entendu parler. En laissant les cinq enfants à Darling. Oui, cinq, parce que ma sœur nous avait prêté mon neveu de deux ans, et que j'avais oublié que je sortais justement ce soir-là. (Il s'en est parfaitement bien tiré, rassurez-vous.)

Alors, soyons clairs : ce n'est pas une pièce qui révolutionnera l'histoire du théâtre. L'intrigue n'est pas d'une originalité époustouflante, et la mise en scène est très sage. N'empêche que j'ai adoré. Vraiment. Je ne m'attendais pas à en ressortir aussi enthousiaste. Pourquoi ? Tout simplement parce que ça faisait très longtemps que je n'avais pas eu à ce point le sentiment d'être une petite souris en train de regarder deux "vraies" personnes plaisanter, bavarder et se disputer. Aucune outrance, un décor simple mais aussi crédible que la mise en scène, un dialogue pas du tout "écrit", qui sonne vraiment juste (ce qui est assez rare, en fin de compte), et surtout, deux acteurs excellents. Ce soir-là, le personnage féminin était joué par Jane Resmond (j'ai cherché son nom, je veux m'en souvenir), et elle m'a franchement époustouflée.

Bref, si vous habitez en région parisienne et que vous avez envie d'une soirée sympa, n'hésitez pas. Cela m'étonnerait énormément que vous le regrettiez. Et puis cela vous permettra d'avoir la réponse à la question que m'a posée Darling quand je suis rentrée :
— Alors, c'en était une, ou pas ?
Je vous laisse le découvrir...

samedi 11 novembre 2017

Une astuce pour le prix de cinquante

Celui-là, c'est une pépite. Quand j'ai vu ça chez un marchand de journaux, j'en suis restée baba. Bon sang, CINQUANTE conseils pour être "au naturel" !

Comme je suis sympa, je vais vous faire économiser temps et argent et vous donner mon conseil à moi :

- Lavez-vous visage, cheveux et corps chaque matin (ou tous les deux ou trois jours pour les cheveux) avec un shampoing-douche ou un savon en pain ;
- C'est tout.

Vous verrez, on ne fait pas plus efficace.

(Si quelqu'un voit passer ce numéro chez son dentiste, je serais curieuse de connaître quelques-uns des cinquante conseils, quand même.)

jeudi 9 novembre 2017

Résumé rapide des vacances

Presque deux semaines sans bloguer, ça ne m'était jamais arrivé, même à l'époque de la naissance du Filou. En fait, pour tout vous dire, je suis en période de bouleversements familiaux – jolie formule passe-partout qui vous permet d'imaginer ce que vous voudrez en attendant que les choses se soient un peu stabilisées et que je puisse en parler. D'ici-là, je ne veux pas en parler, justement, en tous cas pas sur ce blog, mais j'ai un peu de mal à faire comme si de rien n'était et à parler d'autre chose, ce qui explique mon rythme de publication très ralenti depuis la rentrée. Je vais essayer de m'y remettre, peut-être avec des billets plus fréquents mais très courts. On verra.
(Que cet avertissement crypté ne vous inquiète pas, cependant : la situation est compliquée, mais je vais bien.)

A part ça, il y a aussi eu les vacances scolaires, qui sont la malédiction des parents qui travaillent à domicile. Parce que financièrement, je ne peux pas me permettre de prendre 17 semaines de vacances par an comme mes chères têtes blondes et brunes, et je ne peux pas non plus me permettre de mettre les trois petits au centre de loisirs dans cette commune qui ne pratique pas du tout un tarif dégressif. Donc les vacances, c'est la quadrature du cercle, les périodes où j'essaie d'être parent/animatrice à temps plein ET de travailler aussi à temps plein. Spoiler : je n'y arrive pas. Même en rognant sur les heures de sommeil.

Malgré tout, je suis contente de ces vacances. Parce qu'à défaut de bloguer et de dormir, après mon retour d'Italie, j'ai fait plein de choses la deuxième semaine. Parfois même en tête-à-tête. Je suis allée au cinéma et à la crêperie toute seule avec Miss Thing One. Je suis allée traquer les œuvres de Niki de Saint Phalle à Beaubourg avec Mr Thing Two. Je suis allée voir Douze hommes en colère au théâtre avec le Grand. (Non, rien avec le Filou, qui n'a pas songé à protester. Sans doute se rend-il compte qu'il n'a pas vraiment la plus mauvaise place dans la fratrie et qu'il ne peut guère se plaindre, dirait ma mère.)

Tous ensemble, nous avons aussi fait un tour à l'Aquarium (la baaaaarbe) (déjà que les zoos me gonflent, mais alors les poissons...), et puis nous sommes montées sur les tours de Notre-Dame et descendus dans sa crypte (mais oui, en passant par l'église au milieu !), et nous sommes allés à Cluny admirer les licornes et les "croix de Jésus" (dixit le Filou, qui était super content de me les signaler avec enthousiasme à chaque fois qu'il en voyait une) (dans un musée consacré au Moyen-Âge, il a pu s'en donner à cœur joie), et nous avons fait du vélo dans la forêt, et nous avons arpenté les ex-voies sur berge en révisant pour la énième fois les monuments de Paris, qu'ils commencent à bien connaître (j'ai failli tuer le Grand qui avait hasardé "Le Louvre" en face de la Conciergerie, mais en fait il se fichait de moi, donc il s'en est tiré avec une paire de claques) (virtuelles).

Centre Georges Pompidou (Beaubourg)

Du haut de Notre-Dame.
(J'étais tellement occupée que j'ai pris très peu de photos, en fait)

Et il y a même eu une soirée surprise, le 31 octobre, quand à 17h30, Mr Thing Two a protesté :
— Pourquoi les autres ils fêtent Halloween et pas nous ?
— Parce que ce n'est pas dans nos traditions, mon poussin. Quand j'étais petite, personne ne connaissait Halloween, en France.
Après une dispute brève mais violente avec Darling qui contestait ce point alors qu'il n'a pas grandi en France, la discussion a continué :
— Oui mais quand même, on pourrait se déguiser et aller demander des bonbons !
— Il est hors de question que je vous laisse sortir ennuyer les voisins. Je suis désolée, mais c'est non.
— Alors on pourrait pas le fêter quand même, sans sortir ?

— Euh... Hum... ça te ferait vraiment plaisir ?
— Oh oui, oh oui !
— Oui, oui, oui, oui, oui, oui ! interviennent Miss Thing One, le Filou et le Grand (je crois que ça voulait dire qu'ils étaient d'accord).
— Bon, alors on pourrait décorer la maison avec les moyens du bord, se déguiser tous, même les parents, et faire un repas spécial Halloween ? Ça vous dirait ?
— OUAIIIIIIS !!!!
Et voilà comment je me suis retrouvée à décorer des légumes et découper des sacs poubelles pendant les trois heures qui ont suivi. Je mérite une médaille.

Toujours avoir quelques courges en stock en cas d'urgence.

Elle est pas belle, ma toile d'araignée ?
(Même nos vraies araignées domestiques étaient impressionnées)



J'ai bien cru que j'avais trop bien réussi mon coup
et que personne n'allait manger les œufs-yeux et les saucisses-doigts.

(Par contre, pour le cheesecake et les meringues,
même avec des vraies araignées, ce serait parti)

Et pendant ce temps-là, tous les éditeurs avec qui je travaille, de retour de la Foire de Francfort, m'ont envoyé des trucs à lire (avec peu de doublons, ce qui est bien dommage), et j'ai dû continuer ma traduction, ce qui a impliqué de faire des longues recherches sur un astronome russe du XIXe siècle, sur la technique des trains à sustentation magnétique, et sur les mines de pierres précieuses du Tadjikistan. Si, je vous jure. (Mais oui, c'est un vrai pays) (contrairement à la Moldavie, qui est une invention du Grand).

Je vous laisse, j'ai un chapitre à terminer, et ensuite un rendez-vous avec un éditeur, et après un appart à visiter, avant de faire les devoirs et préparer le dîner. Mais j'essaie de revenir bientôt. Promis.

samedi 28 octobre 2017

Premier homme

De passage chez ma mère où je suis venue récupérer les garçons (au point G, donc, pour ceux qui suivent) (les autres, laissez tomber), nous écoutons dans la voiture une chanson d'Alain Schneider, Gagarine.
— Mais en fait, c'était qui, Gagarine ? demande Mr Thing Two.
— C'est le premier homme qui est allé dans l'espace, répond ma mère.
Mr Thing Two acquiesce, puis corrige :
— C'est pas "le premier Rom", c'est "le premier Romain".

jeudi 26 octobre 2017

Rencontre onirique

— Allez, bonne nuit! m'avait dit Darling au téléphone, hier soir. Je te laisse rêver que tu es avec un bel acteur, de ton choix!
Sauf qu'en fait, j'ai rêvé que je rencontrais JK Rowling et qu'on parlait littérature et poids des mots. (Quand je me suis réveillée, j'étais encore en train de lui expliquer à quel point j'aurais aimé que Les animaux fantastiques soient un excellent roman plutôt qu'un assez bon film.)
Et vous savez quoi, je n'ai vraiment pas été déçue.

mercredi 25 octobre 2017

Train-train

Sur le papier, c'était très simple : je devais aller en train d'un point P à un point T en passant par le point G (honni soit qui mal y pense) où habite ma mère. Ma mère ayant proposé de prendre Mr Thing Two et le Filou pendant quelques jours, j'en ai facilement conclu que je pouvais prendre le train au point P avec les garçons, les déposer à la gare G, et continuer mon chemin avec le même train jusqu'à la gare T.
Sauf que.
Sauf que le TGV était composé de deux rames qui ne restaient collées que jusqu'à G. Ensuite, une seule des deux rames continuait jusqu'à T.
Et alors ?
Et alors seuls les voyageurs qui allaient de P à T avaient le droit d'aller dans la deuxième rame. Si on voulait descendre à G, il fallait obligatoirement monter dans la première.
Autrement dit, je pouvais prendre la deuxième rame, mais pas les garçons.
J'ai donc été obligée de prendre des billets pour nous trois dans la première rame, puis un billet pour moi seule dans la deuxième. En payant plus cher au passage, bien sûr, parce que pour la SNCF, PG + GT n'est pas égal à PT.
J'avais donc exactement cinq minutes à G pour descendre du train avec les deux garçons et deux valises, laisser les garçons avec ma mère, et remonter dans la rame suivante.
C'était jouable.
Sauf que (bis).
Sauf que, forcément, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans le wagon numéro 18. Le dernier. Le plus loin de la deuxième rame, donc.
Bien, bien, bien. Pas grave. Une demi-heure avant l'arrivée à G, j'ai fait remettre chaussures et manteaux et sacs à dos à Mr Thing Two et au Filou, et j'ai remonté toute la rame avec eux jusqu'à la première voiture, la 11. Puis j'ai fait en sorte qu'ils se tiennent tranquilles en leur lisant Les contes de la rue Broca.
Tout allait très bien, donc. La gare de G approchait : nous devions arriver dans trois minutes. Ma mère m'avait envoyé un texto, elle était déjà sur le quai en face du wagon 11.

Et c'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que j'avais oublié mon manteau dans le wagon numéro 18.

(A votre avis, peut-on traverser tout un TGV d'un bout à l'autre, aller-retour, dans des couloirs encombrés de gens déjà debout avec leurs valises, en moins de trois minutes ?)

mardi 24 octobre 2017

Cappuccino d'Halloween

Déjà qu'ils sont bons, mais si en plus ils sont aussi beaux, je ne vais plus vouloir partir...

vendredi 20 octobre 2017

Harcèlement sexuel

Parce que, depuis une semaine, chaque fois que je pense à nourrir mon blog, je suis bloquée parce que la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est ÇA, j'ai décidé de me lancer. Même si je parle rarement d'actualité ici et que je préfère que ce blog parle de choses futiles ou positives. Même si j'ai très peur de ce qui pourrait être dit dans les commentaires et des histoires que certaines pourraient raconter. Même si c'est sans doute une mauvaise idée de parler de choses intimes sur la place publique, fût-ce sous couvert d'anonymat.

Je n'ai jamais été victime de harcèlement sexuel au travail. Ce qui ne doit pas beaucoup vous étonner, vu que je travaille toute seule à la maison. Mais même avant, je suis passée successivement par une librairie londonienne (où il n'y avait que des femmes et un seul homme, si charmant que je l'ai ramené dans mes bagages quand je suis rentrée en France), une agence littéraire (où il n'y avait que des femmes, dont la patronne folle qui harcelait tout le monde, mais pas sexuellement), et une maison d'édition (avec nettement plus de femmes que d'hommes, et où tous les hommes, en particulier le patron et le chef de fabrication, étaient extrêmement respectueux). Zéro problème.

Mais.
Quand j'étais enfant et ado, j'étais précoce physiquement. Dans le sens où j'étais la plus grande de la classe, et où ma poitrine a commencé à pousser vers 8-9 ans.
Et j'étais très jolie.
Et à partir de mon entrée en sixième, à onze ans, j'ai pris le métro tous les jours.
Oui, voilà. Vous avez compris. Vous avez vu passer, il y a quelques mois, le sondage sur le harcèlement sexuel dans le métro ? Le pourcentage des femmes qui ont été victimes de harcèlement ou d'attouchements dans les transports en commun ?
100%.
Donc plusieurs fois chacune, forcément.
Et bien sûr, il n'y avait pas que le métro. Il y avait la rue, aussi. Et le collège.

Je ne vais pas faire la liste complète de tous ceux qui m'ont agressée verbalement ou tripotée. Il y en a trop. Ces salopards ont probablement oublié l'incident deux jours plus tard. Je m'en souviens encore, trente ans après. Quelques "incidents" m'ont particulièrement marquée.
- La fois où, jeune ado, j'ai croisé deux hommes qui m'ont touché les seins en passant, et où l'homme qui m'accompagnait m'a lancé : "Mais aussi, pourquoi tu te promènes avec ton manteau ouvert ?" (Je vous jure qu'il a dit ça. En dessous, j'avais un pull à col roulé. Je n'en veux pas du tout à cet homme, qui était sans doute furieux contre lui-même de ne rien avoir pu faire et qui ne savait pas comment exprimer sa colère. Mais oui, il m'a reproché de ne pas avoir fermé mon manteau.)
- La fois où, alors que j'avais environ 15 ans, dans un métro horriblement bondé, un homme devant moi a coincé sa main entre mes jambes, et un autre derrière moi s'est frotté à mes fesses en haletant. Ils ne se connaissaient pas. Ils n'ont pas vu qu'ils étaient à deux sur la même victime. C'était une coïncidence.
- La fois où un homme s'est assis juste en face de moi dans un métro vide, et a serré ma jambe entre les siennes, alors que ma mère était juste à côté (sans rien remarquer : nous avions des manteaux et des sacs). Je devais avoir dix ou onze ans. Si. Je n'ai même pas compris pourquoi il faisait ça. Manquait-il de place ? Je n'ai rien dit, pour ne pas être malpolie, mais j'étais très mal à l'aise.
- La fois où deux garçons de troisième, alors que j'étais en sixième, m'ont pourchassée dans la cour, m'ont coincée contre un mur, et m'ont brièvement tripotée, sous les yeux de tous mes camarades de classe qui riaient.
Et tous les jours, tous les jours, TOUS les jours, des regards très appuyés ou des réflexions, allant du "Eh, mignonne !" au "En voilà une belle jument". C'est à l'époque que j'ai appris à marcher très vite et à ne croiser en aucun cas le regard des autres passants (au point qu'il m'est arrivé de rencontrer ma mère dans la rue sans la voir).

Voilà. A 10 ans, j'étais une gamine à peu près heureuse et insouciante. A 18 ans, j'étais dépressive. J'ai dû voir un psy pendant plusieurs années pour remonter la pente.

Et puis, vers 16 ans, j'ai eu un petit copain. Très travaillé par ses hormones. Et qui, au début de notre relation, n'a pas su ou voulu comprendre que non, ce n'était pas normal que je sois tétanisée ainsi.
Et mon corps a dit ce que ma bouche n'osait pas dire.
Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale désirée (...). Sa source est toujours psychologique, mais découle souvent d'une source physiologique. Une tentative de pénétration en dépit d'un vaginisme peut entraîner de graves douleurs qui vont souvent l'exacerber (...).
Le vaginisme secondaire survient en général après un traumatisme, physique ou psychique (mauvaise expérience), de toute nature. On parle alors plutôt de « dyspareunies », c'est-à-dire de douleurs vaginales lors des relations sexuelles. Les dyspareunies ne sont pas des maladies en soi, plutôt des symptômes dont il faut chercher la cause.  (Source : Wikipedia)
Pendant plusieurs années. Ma gynéco s'arrachait les cheveux. Il lui fallait une demi-heure pour réussir à m'examiner.
Ça n'a pas arrêté mon petit copain. Il aurait préféré que je n'aie pas mal, bien sûr, mais il pensait que c'était juste un problème physique, et qu'il fallait faire avec. Ce qu'il faisait. Toujours. Même quand je disais "pas ce soir".
Je ne lui en veux pas (et je ne veux aucun commentaire négatif sur lui, s'il vous plaît). Il ne savait pas. Pas plus que moi. Je croyais que c'était normal d'avoir peur et mal. Je croyais que c'était normal qu'il insiste jusqu'à ce que je cède. Je ne savais même pas qu'on pouvait avoir du désir avant d'avoir eu du plaisir. Je ne savais pas que je pouvais avoir du plaisir, d'ailleurs. Comme tant de jeunes filles, j'ignorais qu'il y avait un organe féminin consacré à ça.

Je vais m'arrêter là. Aujourd'hui, je n'ai (presque) plus peur. Aujourd'hui, je sais que les agressions sexuelles sont punis par la loi. Aujourd'hui, j'ai un garçon de 15 ans qui a parfaitement intégré la notion de consentement, et une fille de 7 ans dont je vous jure qu'elle n'ira pas au collège en métro, dussé-je la conduire en vélo tous les jours, parce qu'à 12 ou 14 ans, même si on sait qu'on a la loi pour soi (ce que j'ignorais), on n'ose absolument pas s'en prendre à un homme de 20 ou 30 ans. Aujourd'hui, en cas d'attouchements, je saurais me défendre. Aujourd'hui, de toute façon, j'ai des cheveux gris, donc quand je passe devant un groupe d'adolescents sur le trottoir, ils ne me regardent même pas. Mais aujourd'hui encore, j'ai toujours le réflexe de fermer mon manteau, de baisser les yeux, et de presser le pas. Et même si je vais beaucoup mieux, je sais que ces milliers de blessures grandes ou petites subies pendant mon adolescence m'ont à jamais traumatisée, et que je ne m'en remettrai jamais complètement.

vendredi 13 octobre 2017

Erreurs linguistiques de jeunesse

Le gratin de finnois du Filou a suscité un certain nombre de commentaires savoureux sur la manière dont on comprend de travers certaines expressions quand on est petit... Pour ceux qui n'ont pas lu les commentaires, florilège :
- Personnellement, je n'ai appris que bieeeen trop tard que "Les Mains Sales" de Sartre ne parlait pas d'une sorte de gruyère bizarre qui s'écrirait "L'Emmençal".
- Je me suis longtemps demandé pourquoi on parlait de trouver le poteau rose alors que ni EDF ni les PTT ne peignaient leur matériel de cette couleur.
Et une amie pensait que les petits étaient appelés enfants en basage car ils apprenaient les bases.
- Petite je confondais "tiramisu" et "kama sutra" (sans connaître la définition, ni de l'un ni de l'autre).
Plus tard j'ai écrit "Sainte Jeune Perse" au lieu de Saint John Perse.
Et on m'a longtemps raconté l'histoire de cette collégienne à qui le prof dictait une leçon sur les "bas salaires", et qui avait mécaniquement retranscrit "les basses à l'air"...

Deux autres, dans ma famille :

Ma mère m'a raconté que petite, elle ne comprenait pas pourquoi, sous prétexte qu'il était né le divin enfant, on devait aller jouer au bois pendant que résonnaient les trompettes. Et ensuite, on attendait "cette retant", mais c'était quoi, une "retant" ? (Pour ceux qui ne sont pas trop calés sur les chants de Noël, les paroles d'origine sont ici).

Ma petite sœur, à qui je chantais des chansons engagées quand elle était petite, a longtemps chanté avec moi "La balade nord-irlandaise", où Renaud invite à se débarrasser des religions : "Tuez vos dieux / A tout jamais / Sous aucune croix / L'amour ne se plaît..." Mais elle ne comprenait pas très bien à qui s'adressait ce "Tu es vodieux" (ce qui était sans doute particulièrement odieux).

A mon tour :

- Pendant toute mon enfance, j'ai cru que plein d'Espagnols se prénommaient Nicolas, puisque leurs chansons répétaient à l'envi "Nicolas son" (en admettant que "son" veuille dire "je suis", comme en italien). Jusqu'à ce que je découvre que Pepito parlait de "mi corazon" et pas d'un éventuel prénom.

- Par ailleurs, j'ai cru jusque récemment (jusqu'à enfin voir les films, en fait) que les jedis de Star Wars manipulaient des "life saviour". Vu que ces machins colorés leur sauvaient la vie à longueur de temps, ça me semblait parfaitement logique. Ce qui l'était moins, c'était la mystérieuse raison qui avait poussé les traducteurs français à traduire ce joli nom par "sabre laser".

- Et j'ai été persuadée jusque tard (mais vraiment tard) qu'il existait en Suisse (et pas ailleurs, va savoir pourquoi) un animal, le grison, qui donnait une viande savoureuse. Probablement un quadrupède gris ressemblant à la fois à un grizzly et à un bison.

Maintenant, je suis grande, et pourtant, à chaque fois qu'on me parle de viande des Grisons, de "light sabre" ou de "mi corazon", pendant une fraction de seconde, c'est ce que j'en avais fait qui me vient à l'esprit. Magie des mots et des interprétations de notre inconscient... Un peu comme les minuscules étoiles qui brillent dans les rayons de soleil passant à travers les vitres, dont on comprend un jour que ce sont des simples grains de poussière, mais qui gardent une fascination magique pour qui n'a pas complètement tourné le dos à son enfance.

Et vous, quelle erreurs linguistiques ont creusé définitivement leur trou dans vos esprits ?
 

jeudi 12 octobre 2017

Finnois gratinés

19h30. Le dîner est presque prêt. Le Filou rôde dans la cuisine.
— On manze un gratin, maman ?
— Oui.
— Un gratin comme la dernière fois ?
— Ah non.
— Y a pas de finnois dedans ?

Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre.

(Et vous ?)

lundi 9 octobre 2017

Le repos du cycliste

Dimanche, promenade en vélo avec les Things : notre première promenade à trois, chacun sur son vélo, sans triporteur pour ramener les fatigués ou les éclopés. Dans l'ensemble, tout s'est bien passé, et Mr Thing Two s'en est bien sorti avec son nouveau vélo 20 pouces à 6 vitesses, même si Miss Thing One, toujours sur son vieux vélo 16 pouces sans vitesse, continue à le battre à plate couture rien qu'à force de constance et de détermination*. Son frère et moi avancions par à-coups, souvent loin derrière elle, et j'aidais le gamin à apprivoiser les vitesses :
— Tu vois, là, ça roule bien, donc tu peux passer en cinquième au lieu de pédaler comme un dératé !
— D'accord !
— Et là ça descend, donc tu peux tout simplement arrêter de mouliner dans le vide ! Ohé, tu m'entends ?
— Oui, oui !
— Alors pourquoi tu ne te mets pas en roue libre, dans les descentes ? Ça permet de se reposer !
— Oui mais moi, sauf quand je suis vraiment très fatigué, je suis contre la reposition.



* Comme l'a fort bien résumé mon père adoptif : lui, il fait du vélo, mais elle, c'est une cycliste.

dimanche 8 octobre 2017

Nuit Blanche 2017

Samedi soir, nuit blanche. Cette année, le programme ne m'enthousiasmait pas beaucoup, mais les enfants, à qui j'en avais parlé, voulaient absolument y aller.
— On va vraiment faire une nuit blanche ? Ou on va dormir un petit peu ? avait demandé Mr Thing Two, enchanté à cette perspective.
— On va pas dormir la moité de la nuit, et l'autre moitié, on va dormir ! avait proposé le Filou.
(Inutile de dire qu'à 22h30, ils pleurnichaient déjà qu'ils étaient mooorts de fatigue, et qu'ils voulaient "zuste aller dans mon lit", dixit le Filou qui s'est endormi sur mes genoux avant même de faire une seule station de RER).

Et donc, nous avons fait un petit tour. Nous avons vu des gens couverts de paillettes danser au forum des Halles, nous avons vu l'intérieur de l'église St-Eustache avec une vidéo bizarre sur grand écran, nous avons vu des lettres géantes qui disait "Le quai des mots" sur les bords de Seine, mais à l'envers (ce n'est qu'après coup que nous avons compris qu'on était censé lire le message depuis la rive opposée). Et c'est à peu près tout.

Mais ce n'est pas ça que nous retiendrons de cette soirée. C'est cette rencontre avec un homme qui nous a demandé très poliment, en anglais, la permission de nous interviewer deux minutes pour la radio, parce qu'il avait du mal à trouver des gens de plus de trente ans, et surtout des familles, qui habitaient à Paris depuis plusieurs années et parlaient correctement l'anglais. Il travaillait pour la BBC, et avait un accent britannique d'une pureté telle que j'aurais pu me faire interviewer toute la nuit rien que pour l'entendre parler, lui. Un grand moment de cette petite soirée !

samedi 7 octobre 2017

Vaccination des Things



La dernière fois que je suis allée chez ma médecine traitante (ben quoi ?), elle s'est étonnée de ne jamais voir les Things.
— Le plus grand, avec son problème au genou et son asthme, je l'ai vu plusieurs fois, et votre dernier est tout le temps malade, mais vos jumeaux, je ne les connais même pas !
— C'est normal, ils ont été tellement, tellement, tellement malades les trois premières années de leur vie que forcément, après, ça s'est un peu calmé... Et quand ça leur arrive encore, c'est toujours le weekend ou pendant les vacances. Toujours. Donc on a recours à SOS médecin.
— D'accord, mais enfin, ce serait bien que quelqu'un les voie au moins une fois par an, tout de même.
— Pour une révision générale, vous voulez dire ? Vous avez raison. Je fais ça pour mes vélos, je peux le faire pour mes enfants...

La fois suivante, j'ai donc amené les deux zigotos, qu'elle a consciencieusement examinés, puis pesés et mesurés, pour voir où ils en étaient sur la courbe de croissance (surprise : tout en haut). Enfin, elle examine les carnets de santé :
— Il y avait un rappel de vaccin antitétanique à faire.
— Ah bon ? Mais c'est récent, non ? Je n'avais pas remarqué.
— Au printemps 2016.
— ...
— On prend rendez-vous la semaine prochaine ?

Elle me fait deux ordonnances pour les vaccins, et ajoute du doliprane à tout hasard. J'envoie Darling à la pharmacie. Il revient assez content de lui, avec le sentiment du devoir accompli :
— J'ai acheté le vaccin, je l'ai déjà mis dans la porte du frigidaire, comme on m'a dit de le faire.
Le vaccin ?
— Ben oui, celui qui était indiqué sur l'ordonnance.
— Darling, il y avait deux ordonnances.
— Ah non, c'était une copie, m'a dit la pharmacienne. Même date, même médicaments, même date de naissance...
— Et même prénom ?
— Euh...
— Darling, à la rigueur, la pharmacienne est excusable. Mais toi qui sais que tu as des jumeaux, comment as-tu pu ne pas trouver ça louche que je veuille vacciner seulement l'un des deux ?
— Je dois y retourner, alors ?
— Je crains fort que oui.

Aujourd'hui, c'est la date fatidique. Les Things ont la trouille, surtout Mr Thing Two.
— J'ai peur des piqûres !
— Oh, dit la doctoresse, ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal.
Ce qui me fait doucement rigoler :
— Si j'étais vous, les mioches, je me méfierai. Vous vous rappelez la chanson de Jean-Jacques Goldman "C'est pas vrai", celle où il fait la liste de toutes les choses que les gens disent tout le temps mais qui sont des mensonges ? Eh bien, la toute première de la liste, juste avant "Tu n'as pas changé", c'est "Ça fait pas mal"...

Jean-Jacques Goldman avait raison, ça faisait mal. Mr Thing Two hurle. Du coup, Miss Thing One commence à pleurer avant même qu'on la pique, forcément.
— Ah, zut, il lui a fait peur avec son cirque, on aurait dû la faire passer avant, dit la doctoresse.
— Sauf que si elle était passée avant et qu'elle lui avait dit que ça faisait mal, ensuite, on aurait eu du mal à le coincer, le petit trouillard costaud...

Piqûres terminées, bonbon consolateur, et promesse rassurante :
— C'est bon, plus de rappel avant leur douzième année !
— Bien, ça leur laissera le temps d'oublier !
— Vous aussi, malheureusement.
— Moi, oublier les rappels des vaccins de mes enfants ? Oh, voyons, comment osez-vous insinuer une chose pareille ?

Allez, pour cette fois, c'est bon. Plus qu'à faire vacciner le Grand contre la grippe, comme chaque hiver. Ça devrait être un tout petit peu plus facile. Même si, la dernière fois, il avait encore réclamé un patch anti-douleur et une sucette...

jeudi 5 octobre 2017

Confident royal (Victoria and Abdul)

Film historique, par Stephen Frears, dont j'avais absolument adoré The Queen, et avec Judi Dench, toujours merveilleuse : j'avais repéré bien avant sa sortie Confident Royal, et je comptais bien aller le voir au plus vite. J'ai tenu parole : quand j'ai vu en fin d'après-midi que j'avais traduit mon quota de pages pour la journée ET déjà aidé les enfants à faire leurs devoirs, j'ai décidé de m'y précipiter le jour même de la sortie. Faites-vous des pâtes, j'enfourche mon vélo, à moi la liberté !

Verdict ?
C'est très joli.
Judi Dench joue admirablement bien, évidemment.
La reconstitution historique est impeccable.
L'histoire est charmante.

Pourtant, il manque quelque chose. Un peu de sel. Un peu de profondeur. Un peu d'originalité. Un peu de surprise. Le scénario suit une trame écrite d'avance, la rencontre, l'amitié improbable, les réactions outrées de la Cour, la dispute et quasi-rupture à mi-parcours, la fidélité jusqu'au bout. On sourit, on rit parfois, on pleure un peu, mais toujours à des moments attendus, sans jamais sortir des rails. Sans jamais sonder vraiment la complexité de la situation historique, ou des deux personnages principaux, et encore moins des personnages secondaires.

Soyons clairs, je ne regrette pas une seconde ma soirée. Et cette actrice, bon sang, quelle actrice ! Mais ça aurait pu être encore mieux. Comme si scénariste et réalisateur n'avaient pas osé aller au-delà du simple tableau historique un peu convenu. Dommage !

mardi 3 octobre 2017

Le bris et la fureur

Les enfants m'ont énervée. Ils ont râlé au moment de mettre la table : LE truc qui me fait sortir de mes gonds quand je viens de passer une heure et demie en cuisine pour leur préparer une soupe maison, un gratin maison, et une crème dessert maison, en plus du goûter maison de l'après-midi. Dans ma colère, j'ai jeté quelque chose par terre, mais dans ma sagesse, j'ai choisi quelque chose qui ne pouvait pas se casser : pas d'assiette ni de verre.


Qui aurait cru que c'était si fragile, un couteau en inox ?

lundi 2 octobre 2017

Mac Bouddha

Décidément, notre visite au monastère bouddhiste a influencé les mômes : ils ont décidé de nourrir le petit Bouddha de Darling.
Bon, pas sûr qu'il apprécie le menu proposé, mais c'est l'intention qui compte, pas vrai ?

samedi 30 septembre 2017

Freins à disque

Je reviens de l'atelier vélo, pour la troisième fois de suite. Je suis enchantée, donc même si je sais que tout le monde s'en fiche, j'en parle :
— Aujourd'hui, j'ai dévoilé la roue arrière ! Et j'ai aussi retendu la chaîne, et lubrifié les pédales, parce que ça grinçait quand je pédalais. Bon, après coup je me suis rendu compte que ce n'étaient pas les pédales qui grinçaient, mais la selle. La semaine prochaine je la change.
— Et le frein qui ne freinait pas ? demande le Grand, qui a le mérite d'essayer de suivre.
— J'ai changé le câble pour la troisième fois, et ça va un peu mieux. Cela dit, ça reste un "pince-roues", hein. Ce sont les moins bons freins qui existent. Dès que je serai un peu plus calée, je mettrai des freins à disque.
Le Filou ouvre de grands yeux admiratifs :
— Et ça fera de la musique quand tu pédaleras ?

vendredi 29 septembre 2017

pantalon litigieux

— Au revoir, je pars au lycée !
— Mais mon grand, tu n'as pas sport, aujourd'hui ? Pourquoi n'as-tu pas mis un jogging ?
— J'en avais plus aucun propre.
— Comment ça ? J'en ai lavé plusieurs hier ! Tu es allé voir sur le sèche-linge ?
— Ah non. Tant pis, j'ai pas le temps.
— Tu vas te faire gronder par ton prof ! Et d'abord, c'est quoi ce pantalon que tu portes ? Il a une coupe bizarre, je trouve.
— Je sais pas, il était dans mon tiroir.
— Mais... attends voir... c'est un pantalon à MOI, ça ! Papa a dû se tromper en les rangeant ! Veux-tu bien me rendre mon pantalon tout neuf !
— Non, j'ai pas le temps, il faut que j'y aille, tant pis, au revoir !
— Reviens ici tout de suite ! Mon pantalon ! Tu vas me l'abîmer ! Reviens !
— A ce soir !

Après le pyjama de son arrière-grand-père et les bottes militaires de son grand-père, voilà qu'il porte sans complexe le pantalon de sa mère. Franchement, je n'ai jamais été coquette, mais ce gamin-là bat tous les records, je pense.

mercredi 27 septembre 2017

Urgence (énième épisode)

Quand une éditrice m'avait contactée mi-juin pour une urgence estivale, à défaut de pouvoir respecter les délais qu'elle me proposait, je lui avais proposé le compromis suivant : un tiers du texte fin août, et le reste fin septembre.
Je n'aime pas trop faire une remise de traduction en deux fois, parce que j'aime avoir tout traduit pour être sûre de mes choix, et aussi parce que ça me fait faire deux relectures générales finales : une du premier tiers, et une de la totalité, premier tiers compris (pour avoir une vue d'ensemble). Mais bon, puisque c'était urgent, j'ai envoyé ce premier tiers fin août, comme prévu. Je n'ai pas eu de retour.

La semaine dernière, j'écris à l'éditrice :
Chère éditrice,
J'arrive au bout de ma traduction et vais bientôt commencer ma relecture générale. Si tu as des remarques sur la première partie, c'est le moment de me les faire, pour que j'en tienne compte !

Pas de nouvelle. Tant mieux, ai-je pensé : elle n'a rien à dire. Mon travail est parfait.

Elle m'a écrit aujourd'hui :
Chère Fofo,
J'ai reçu un roman humoristique pour lequel j'ai besoin d'une fiche, je peux te l'envoyer ? Et au fait, je me rends compte que j'ai oublié de répondre à ton message de la semaine dernière... En fait je n'ai pas eu le temps de lire la première partie que tu m'as envoyée fin août. Mais ne t'inquiète pas, je suis sûre que ce sera très bien !
À très vite,
Éditrice

Sans commentaire.

dimanche 24 septembre 2017

Un dimanche bien rempli

Quand je me suis réveillée ce matin, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer plus longtemps avec le tabouret trop petit et bancal qui me sert de table de chevet. J'avais l'ambition de mettre des étagères Lundia, mais l'heure est plutôt à la restriction budgétaire. Est-ce que je pouvais trouver quelque chose à la cave ?
Après avoir donné le petit-déj aux enfants, nourri le chat, lancé une lessive, lavé les casseroles qui traînaient et imprimé la traduction que j'ai terminée hier, j'ai donc fait un tour à la cave, réfléchi, essayé, et finalement j'ai bricolé une table de chevet correspondant exactement aux dimensions désirées en démontant un vieux tiroir cassé et en y vissant des planches en guise de pieds. Je vais enfin pouvoir poser à la fois ma lampe de chevet, mon réveille-matin et mon livre.

A ce stade, il était 10h40. J'ai réveillé le Grand qui dormait encore, et puis nous sommes partis tous ensemble faire une promenade sur les bords du bassin de la Villette, car j'avais repéré qu'il y avait un festival nommé "Culture au quai" avec plein de bonnes idées de sorties culturelles. J'ai ramassé des programmes, nous avons assisté à un petit concert de rock, et nous avons mangé des crêpes au soleil avant de rentrer.

Une fois à la maison, j'ai étendu le linge, et puis j'ai préparé des scones, pour un véritable "afternoon tea" en famille. Dans la foulée, j'ai laborieusement tondu la pelouse avec ma tondeuse manuelle, histoire de bien digérer. Et j'ai purgé les radiateurs, parce que ça figurait sur ma liste de choses à faire cette semaine.

Ensuite, je suis passée aux choses sérieuses : j'ai ressorti le vieux vélo que j'essaie de retaper (je suis retournée à l'atelier vélo hier, je progresse) et j'ai changé le câble du frein arrière. Pendant que j'y étais, j'ai remis l'antivol en état de marche, démonté le carter pour comprendre pourquoi la chaîne faisait du bruit (j'ai compris, mais ça attendra le prochain atelier), et remplacé les lampes cassées.

Et puis le soir était tombé, et je n'avais plus que le temps de préparer un minestrone plein de bonnes choses pour équilibrer un peu la journée alimentaire. Pendant que j'épluchais et découpais les légumes, j'ai fait faire leurs devoirs aux Things.

Dîner, lavage de dents, livre, bonne nuit les petits. Repos ? Hélas, non : le Grand n'avait pas réussi à faire ses maths. Factorisation, identités remarquables, équations. J'ai passé presque deux heures à jongler avec des X et des racines carrées, et à essayer de ne pas m'énerver ("NOOOON, x divisé par x, ça ne fait pas zéro ! Je vais te le faire copier dix fois !")

Et nous y voici. Dès que j'aurai fini de bloguer, je vais aller me coucher pour terminer la lecture d'un roman pour lequel je dois faire une fiche demain.

Je suis vraiment, vraiment désolée, je sais que ça ne se fait pas, je sais que ça ne se dit pas, je sais que je ferais mieux de le garder pour moi, mais je dois vous l'avouer : des fois, je m'épate moi-même.

mercredi 20 septembre 2017

Ciré rétréci

— Filou, comment expliques-tu que ce manteau soit beaucoup trop petit pour toi alors qu'il allait encore à Mr Thing Two il y a deux semaines ?
— Ben, ze sait pas.
— Eh bien, je vais te le dire, moi : parce que ce n'est pas le tien !
— Mais si, il est zaune !
— Il est jaune, en effet, mais il n'y a pas de poissons rouges en bas derrière, et les manches ne sont pas les mêmes, et ce n'est ni ton nom ni celui de l'un de tes frères qui est écrit à l'intérieur, et surtout, il est taille 4 ans alors que tu venais d'hériter d'un manteau taille 8 ans !
— Ah oui, c'est vrai !

La prolifération des cirés de marin est une plaie.
(Mais dès demain, il va refaire l'échange à l'école, c'est moi qui vous le garantis !)

lundi 18 septembre 2017

Bouddha peu orthodoxe

Hier, pour les journées du patrimoine, j'ai embarqué mes quatre mômes dans un monastère bouddhiste de ma commune qui ouvrait ses portes ce jour-là. Nous avons été reçus par une dame asiatique très aimable qui nous a fait allumer des bâtons d'encens et nous a incités à nous incliner mains jointes devant le grand bouddha du jardin, puis nous a emmenés faire un petit tour à l'intérieur. Nous avons vu des dragons, des fleurs de lotus, des petites loupiotes, des photos de morts et de noms de morts et des listes de morts, et surtout des bouddhas, partout, partout, avec des offrandes de nourriture devant ("C'est des vraies pommes ?" a demandé Mr Thing Two en tendant déjà la main) et des bouquets tout autour. Nous avons dû nous incliner tant de fois qu'au bout d'un moment, le Filou a pris le parti d'avancer les mains jointes en baissant la tête à intervalles réguliers, histoire d'être certain de ne pas être malpoli (j'avais beaucoup insisté sur le respect des croyances d'autrui).

Une fois la visite terminée, la dame voulait absolument nous inviter à déjeuner, mais la perspective d'attendre près d'une heure dans le tout petit jardin avec les gamins qui jouaient à sauter à pieds joints sur les rochers autour de la mare et qui se demandaient déjà comment attraper les poissons sans canne à pêche m'a passablement effrayée.
— Je vous assure, ils ne nous dérangent pas, nous aimons les enfants ! a insisté la dame.
— Oui mais justement, je voudrais partir pendant que vous les aimez encore...

Nous sommes donc rentrés chez nous en fin de matinée, et pour une fois, au lieu de rentrer immédiatement dans la maison, les trois plus jeunes sont restés jouer dehors. Ils trafiquaient quelque chose autour de la table du jardin. Ce n'est que quand je suis allée prendre des herbes aromatiques que j'ai compris quoi.



Ils avaient fait un bouddha.

dimanche 17 septembre 2017

Premier atelier vélo

Hier, j'ai enfin fait quelque chose que je voulais faire depuis des mois, voire des années : j'ai pris mon courage et mon vélo à deux mains, et je suis allée m'inscrire à l'atelier vélo le plus proche de chez moi (c'est-à-dire à quelques kilomètres, quand même). Pour ceux qui ne connaissent pas, un atelier vélo, c'est un atelier géré par des bénévoles où on va réparer son vélo soi-même, avec l'aide et les conseils de ceux qui s'y connaissent mieux que vous, et avec le matériel à disposition.

Je n'y connais RIEN en mécanique cycliste. Mais vraiment rien. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai acheté un vélo "hollandais", c'est-à-dire avec les vitesses intégrées dans le moyeu (ne croyez pas que je sache ce que ça signifie, j'ai appris la formule par cœur) et pas de chaîne visible, donc quasiment aucun entretien et aucun risque de dérailler. Sauf que tout est dans le "quasiment". Des fois, surtout au bout de quelques années, ça grince, ça chuinte, ça couine. Ou alors le pneu se dégonfle, et on en conclut qu'il faut le changer ("Mais non, juste la chambre à air", me disait-on. "Ah bon, c'est pas la même chose ?" m'étonnais-je...) Ou alors un câble pendouille, et on se dit qu'il faut sans doute mieux le rattacher, à tout hasard : il pourrait servir à quelque chose. Ou alors le vélo se met à faire des zigzags, et ça rallonge les trajets...

Jusqu'ici, pour tous ces trucs-là, j'allais chez mon vélociste préféré, qui me remettait ma monture d’aplomb en deux temps trois mouvements, en me facturant moins d'argent qu'il n'en faut pour se payer un bon repas au resto. Sauf que des fois, quand il me disait "Ben c'est normal que le vélo fasse des zigzags, la roue est voilée, vous n'aviez pas remarqué ?", je me sentais un peu ridicule (d'autant plus que j'ignorais ce qu'il voulait dire par là) (un voile ? Ou ça, un voile ?). Et puis l'année dernière, mon vélociste a déménagé, et il n'y en a plus nulle part autour de chez moi. Et comme j'aime bien faire des trucs manuels, parfois, je me suis dit que j'allais apprendre à me débrouiller sans lui.

Bref, atelier vélo.
Je ne connaissais rien de rien à la manière dont un vélo fonctionne, vous disais-je. Je suis restée trois heures là-bas. Et quand j'en suis ressortie, mon vélo était comme neuf, et j'étais devenue si calée que j'aurais pu prendre la place de mon ex-vélociste.


Vous m'avez cru ?
Vous n'auriez pas dû : c'était une blague.

J'ai très vite compris que non seulement le bénévole était débordé, mais aussi que le côté "vitesses dans le moyeu" de mon vélo hollandais était trèèèèès largement au-dessus de mes maigres capacités. J'ai vaguement tenté de retirer des trucs superflus sur ma bécane, mais quand je n'ai même pas réussi à ôter la lampe arrière cassée depuis trois ans, j'ai renoncé. Je suis allée aider une fille qui s'y connaissait aussi peu que moi et qui ne m'avait strictement rien demandé, et même si elle a été un peu surprise de mon intrusion, nous avons bien ri, mais à force de quémander des conseils, nous avons aussi réussi à redresser sa roue, et j'ai appris des tas de trucs sur la métaphysique des rayons de roues de vélo. Et puis après, on m'a collé entre les mains un vieux vélo hors d'état et j'ai entrepris de le démonter.
Hier, pour la première fois de ma vie, j'ai démonté un dérailleur.
Je vous jure.
En prime, maintenant, je sais ce qu'est un dérailleur.
J'ai même réussi à retirer la chaîne qui pendouillait au bout, à l'aide d'un drôle d'outil dont j'ai oublié le nom et que j'ai cassé illico mais après le bénévole l'a réparé donc tout va bien.

Je suis rentrée chez moi fière comme si j'avais inventé les tournevis, bien décidée à y retourner à la première occasion. Peut-être même avec un vélo à moi en mauvais état (j'en ai récupéré un exprès pour ça, et il n'a PAS les vitesses dans le moyeu, ouf). J'ai raconté à toute ma famille ce que j'avais fait, mais ils s'en fichaient complètement et n'ont été impressionnés que par mes mains noires comme du cambouis même après cinq lavages au savon et trois autres à l'eau de javel. Mais je prendrai ma revanche un jour. Quand les gamins seront grands et qu'ils viendront me voir avec leur propre vélo parce qu'il y a un câble de rayon débranché dans le guidon de leur moyeu et que MOI, je saurai ce qu'il faut faire, ils rigoleront moins...

mercredi 13 septembre 2017

Soupe et politique

Le Filou fait je ne sais quel caprice à table. Mr Thing Two se tourne vers lui et lui lance :
—Allez, mange ta soupe, espèce de communiste !
Oh bon sang. Mais qu'est-ce que le Grand a bien pu encore lui raconter ?

(Ça m'a rappelé Mafalda, "la soupe est à l'enfance ce que le communisme est à la démocratie"... Sauf que, vérification faite, ce gosse n'a pas la moindre idée de ce que signifie ce mot, bien sûr. N'empêche qu'il était très fier de son petit effet...)

lundi 11 septembre 2017

Réunions de rentrée

Je vous l'ai raconté brièvement il y a quelques jours : en fin d'année dernière, la directrice de l'école des Things m'avait appelée pour demander si je voulais qu'ils soient séparés l'année suivante. Ce à quoi j'avais répondu que c'était sans doute une bonne idée, pour achever de les rendre indépendants (chacun ses jeux, ses copains, et donc, son instit, ses devoirs, etc.) et pour éviter qu'ils soient souvent comparés l'un à l'autre. Mais je savais que ce serait parfois compliqué, par exemple au moment des devoirs, mais aussi des réunions avec les parents

Vendredi, j'ai eu un mot dans les deux carnets de correspondance. La fameuse réunion de rentrée.
Miss Thing One : mardi à 18h.
Mr Thing Two : mardi à 18h.

Bah, je m'en doutais. Il n'y a pas tant de jumeaux que ça, il faut dire. C'est déjà bien que les réunions des CP ne tombent pas en même temps que celles des CE1, ou des CE2, etc., parce que là, il y aurait beaucoup plus de parents concernés, avec des enfants de deux ou trois ans d'écart.

Et alors, je fais quoi ? Depuis vendredi, je me pose la question. Je choisis celle qui m'inspire le plus ? Ou le moins, au contraire ? Je tire à pile ou face ? Oui, mais celui des Things dont je n'aurai pas vu la maîtresse sera furieux. Ou alors je fais comme une mère que j'avais vue quitter la première réunion en plein milieu pour aller asssiter à la fin de la deuxième, ce qui avait dû la faire passer pour une malotrue envers la première instit, et pour une retardataire incroyablement sans-gêne envers la deuxième ?

Ce soir, le Grand m'annonce :
— Maman, il y a une réunion parents-profs au lycée, demain. Le prof principal a beaucoup insisté, il dit que c'est très important, il faut absolument que tu y ailles !
— Demain ? Mardi ? A quelle heure ?
— 18h.

Bon. C'est bien. Au moins, le problème est réglé...

dimanche 10 septembre 2017

Premier dimanche soir de Seconde

Devinette : à quoi ai-je passé mon premier dimanche soir depuis la rentrée ?

Réponse : à faire des maths avec le Grand qui :
- n'avait pas ouvert son cartable le samedi, ni d'ailleurs le dimanche matin, ni même le dimanche après-midi ;
- ne comprenait déjà rien à la toute première leçon ;
- n'avait pas noté quels étaient les exercices à faire, de sorte qu'il a fallu faire toute la page.

Le lycée commence très bien.

jeudi 7 septembre 2017

Les mots nés en même temps que moi

Pour fêter ses 50 ans, le Petit Robert propose de découvrir le ou les mots nés la même année que vous. C'est là :
http://jeu50anspetitrobert.lerobert.com/
Si vous êtes de 1976, sachez que j'ai déjà fait le test, et que cette année-là, il y a eu ces deux nouveaux mots :
- Fluo
- Rasta
Avec tout ça, c'est étonnant que j'aie toujours eu un look* si sage, non ? J'ai toujours su que je n'étais pas vraiment de mon époque. Allez, il est encore temps de changer : dès demain, je me fais des dreadlocks et je me mets du maquillage fluo.

* Celui-là, il date de 1977. C'est presque ça.

mardi 5 septembre 2017

Eloge de la nouvelle maîtresse

— Tu sais, maman, ma nouvelle maîtresse, elle est super-gentille ! dit Miss Thing One.
— La mienne aussi ! intervient Mr Thing Two*.
— Oui, mais la mienne encore plus. Elle est même plus gentille que toi, maman.
— Tant mieux, ma chérie.
— En fait, tu sais, je préfère quand je suis à l'école que quand je suis à la maison.

(Si elle préfère son instit à sa mère et ses copines à ses frères, c'est plutôt logique, comme conclusion) (C'est décidément dommage qu'elle n'y aille que 139 jours dans l'année...)

* On m'a téléphoné en fin d'année dernière pour savoir si je voulais qu'ils soient séparés cette année, et j'ai répondu oui sans hésiter. Ça va peut-être compliquer les choses pour les réunions à la même date et les devoirs décalés, mais je pense que ça leur fera le plus grand bien !

lundi 4 septembre 2017

139 jours

Aujourd'hui, pour fêter la rentrée, j'ai fait un petit calcul. Corrigez-moi si je me trompe, mais pour l'année scolaire 2017-2018, les enfants auront en tout 36 semaines de cours. En enlevant les samedi, dimanche, jours fériés ET les mercredi (le maire de ma commune a appliqué la réforme le plus mal possible, avec seulement deux heures ridicules le mercredi et aucune véritable activité périscolaire, du coup il a eu beau jeu de décréter que les parents étaient contre et de revenir à la semaine de quatre jours à la première occasion), cela fait 139 jours d'école dans toute l'année.

139 jours.

Le nombre le plus faible de toute l'Europe. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Le Monde, dans un article daté du 24 novembre 2015 :
La France est le pays où le jour moyen de jours d'école par an dans l'enseignement primaire est le plus bas de tous les pays de l'OCDE.
Et ça, c'était alors qu'on était encore à 4,5 jours par semaine.

Devinez quoi ? Ce n'est pas bon pour les enfants. Les spécialistes le disent, et tout le monde le sait, même si on fait semblant de l'ignorer. Ce n'est pas bon non plus pour les mères, car, oh, surprise, ce sont elles qui prennent des temps partiels pour s'occuper de leurs bambins, ce qui nuit fortement à leur carrière (et là aussi, c'est Le Monde qui le dit dans un article d'il y a trois jours intitulé La réforme des rythmes scolaires : un impact significatif sur l'emploi des femmes).

Rien de nouveau. Z'ont qu'à pas faire de gosses, les bonnes femmes. Ou convaincre leur mari de prendre un temps partiel. Sauf que bon, comme c'est presque toujours monsieur qui a un meilleur salaire, ça a peu de chances d'arriver.
Et pourquoi est-ce que c'est monsieur qui a un meilleur salaire ? Ben tiens, à cause de ces fameux écarts de salaire (de 26% ou 35% selon le mode de calcul) que les patrons justifient, entre autres, par... le fait que les femmes ont des horaires moins souples à cause de leurs gamins, et qu'elles prennent des temps partiels.
Ce ne serait pas ce qu'on appelle un cercle vicieux, par hasard ?


Bon sang, 139 jours sur 365. Même pas un jour sur deux, loin de là. Et dans mon cas, pas question de travailler moins, bien sûr. Donc je travaillerai dans de moins bonnes conditions, voilà tout. Dans le bruit, ou le soir, ou en vacances. Et je ne dormirai pas beaucoup. Pas grave, je suis habituée...

(D'ailleurs, je vais me coucher, tiens.)