vendredi 23 juin 2017

Canicule hollandaise

- Voulez-vous encore de l'eau ? me demande la serveuse amstellodamoise en constatant que j'ai fini mon verre.
- Non merci.
- Vous êtes sûre ? Avec cette chaleur, il faut boire beaucoup.

Il fait 19 degrés.

(C'est le noooooooord !)

Randovélo

Tell everybody I'm on my way,
New friends and new places to see...

Depuis hier, j'ai cette chanson de Frère des ours dans la tête. Je suis actuellement dans un train pour Amsterdam, d'où je partirai demain avec un groupe d'inconnus pour une randonnée à vélo qui nous conduira jusqu'à Brugge. C'était mon cadeau d'anniversaire de l'année dernière, pour mes 40 ans. Je n'ai jamais fait de voyage à vélo, je n'ai jamais fait de vacances organisées toute seule (hors UCPA), et je n'ai jamais mis les pieds aux Pays-Bas. Ah, et je n'ai jamais passé huit jours d'affiliés loin de ma famille depuis la naissance des Things.

Bref, l'aventure (organisée).

With blue skies ahead yes I'm on my way...

(En fait, le ciel promet d'être plutôt gris, mais après ces jours de canicule, c'est un soulagement !)

mercredi 21 juin 2017

Crudivorisme raté

— Pff, fait trop chaud, pas envie de cuisiner. Puisque tu vas au magasin, Darling, achète-nous quelque chose de frais, d'accord ? Salade, tomates, concombres...
— D'accord !
Une demi-heure plus tard, il revient avec des poivrons :
— Je me suis dit qu'on pourrait faire une peperonata...
— Hein ?
— Ben quoi ? Ça se mange froid !
— Certes, mais d'abord, les poivrons, il faut les faire cuire !
— Ah ! Oui, c'est vrai, je n'y avais pas pensé. Une salade de riz, alors ?
— ...


(Et pourquoi pas un Darling en carpaccio, plutôt ?)

Horreur nocturne

Nuit.
Chaleur.
Vous dormez ; mal, mais vous dormez.
Et puis tout à coup, un hurlement déchire la nuit.
Vous vous levez d'un bond. Vous vous précipitez,déjà en sueur. Ce n'était pas un "maman, j'ai soif". C'était un hurlement de terreur.
Vous entrez dans la chambre de votre fille, et là, vous la voyez, votre chérie, la prunelle de vos yeux, entièrement couverte de sang. Pyjama, oreiller, draps, tout est rouge vif.
Pour faire passer le hoquet, c'est très efficace...

(Heureusement que ce n'est pas la première fois que ça arrive et que ma sœur avait la même tendance à saigner du nez par fortes chaleur, sinon j'aurais pu m’affoler !)

mardi 20 juin 2017

Cookies mal accueillis

La dernière fois, je m'étais excusée de ne pas leur avoir fait de gâteaux, et dans leur grande indulgence, ils m'avaient pardonnés. Pour compenser, je leur avais acheté des glaces.

La fois suivante, en revenant de l'école, ils m'ont demandé :
— Maman, tu as fait des gâteaux ?
— Oui, j'ai fait des cookies.
— Oh  non ! C'est nul, les cookies, tu en fais tout le temps ! Nous on voulait des glaces ! T'es méchante ! Oiiiinnnnn !

Je jure sur la tête de mon Kitchenaid que je n'exagère pas et que deux d'entre eux se sont mis à pleurer.

Ces enfants ne me méritent pas.



(Je vous rassure, une fois remis de leur déception, ils ont mangé une demi-douzaine de cookies chacun en reconnaissant du bout des lèvres qu'ils étaient "très bon, mais quand même on préfère les glaces".)

dimanche 18 juin 2017

Le Grand a quinze ans

Il a revu ses plus anciens copains, des garçons dont il a fait la connaissance en petite section de maternelle (ça, c'est de l'amitié fidèle, ou je ne m'y connais pas) : trois bonshommes à la grosse voix, à l'appétit vorace et à l'humour potache qui sont venus passer la nuit ici. Pour la quatrième fois depuis notre emménagement ici, ils ont fait un dîner de crêpes et ont enchaîné sur une nuit au cours de laquelle personne n'a beaucoup dormi.

Au matin, ils ont vidé un saladier de viennoiseries, puis ils sont allés jouer au gendarme et au voleur avec les Things et le Filou dans le jardin. Voir ces gaillards désormais plus grands que moi courir dans tous les sens avec de gros rires et faire les pitres avec des mômes de cinq et sept ans avait quelque chose de cocasse.

Puis deux d'entre eux sont partis, mais le troisième, qui était arrivé plus tard, a eu le droit de rester. Une amie à moi venait déjeuner avec compagnon et enfants. J'avais fait un buffet, et nous avons passé l'essentiel de la journée dans le jardin. Les deux ados, eux, ne se sont montrés que pour manger.

Au goûter, il a soufflé ses quinze bougies, et il a déballé ses paquets. En dehors d'un poignard datant de la Seconde Guerre mondiale de la part de son père (sans commentaire), d'une promesse de restaurant japonais de ma part, et d'un saucisson de la part de l'un de ses copains (qui le connaît bien), il n'a eu que des livres. Que des livres. Trois BD humoristiques. Une BD historique. Une BD politique. Une BD de Picsou, parce que c'est ce qu'il voulait. Et puis un exemplaire de Le dessous des cartes, pour faire contrepoids.

Que des livres, donc. Il faut dire que, quand je lui avais demandé quelques jours plus tôt ce qu'il voulait pour son anniversaire, il m'avait répondu :
— Un Picsou, pour ma collection.
— C'est tout ?
— Ben, je n'ai pas d'autres idées.
— Un téléphone ?
— Non. D'abord, je n'en ai pas besoin. Et puis j'ai vu un reportage l'autre jour sur Internet qui montre que pour extraire les composantes nécessaires pour les téléphones, on envoie des enfants dans les mines, parce qu'elles sont trop étroites pour des adultes. Je ne suis pas d'accord.
(Comment lui donner tort ? Je pense donc que l'année prochaine, il sera le seul de tout le lycée à ne pas avoir de smartphone et même pas de téléphone portable tout court...)

Le soir, juste avant de se coucher, alors que j'avais un peu de remords en pensant que cette année, je ne m'étais vraiment pas beaucoup foulé, ni pour lui organiser une vraie fête, ni pour lui trouver un cadeau un peu original, il m'a dit avec satisfaction :
— C'était vraiment un bon anniversaire !
Les bavardages entre copains jusqu'à 4h du matin ? Les crêpes, les gâteaux, et le saucisson ? Les BD et le pavé de géographie ? Un peu tout ça, j'imagine.

15 ans, l'âge où on est encore très mélangé...

vendredi 16 juin 2017

Urgence estivale

Mercredi matin, email :
Chère Fofo,
Je t'écris parce que je voulais te proposer une nouvelle traduction, d'un roman très sympathique dont les droits ont déjà été vendus dans sept langues ! Tu trouveras plus d'information dans la présentation en pièce jointe. J'espère que ça te tentera !
Bien à toi,
Editrice

Jusque-là, j'étais ravie. Et puis j'ai lu le post-scriptum :

PS : Il y a 400 pages, et j'aurai besoin du texte pour fin août.

Ah.
Alors, mettons que je lâche ce que je suis en train de faire actuellement (pas d'urgence : comme j'avais un trou, j'ai pris de l'avance sur mon planning de l'automne) et que je m'y mette immédiatement.
Voyons, du 23 juin au 1er juillet je suis sur un vélo, à partir du 8 juillet les enfants sont à la maison à plein temps, et du 13 juillet au 30 août je suis en vadrouille avec mes mômes. Mettons que je travaille un peu, quand j'ai le temps. Entre les quatre repas par jour (acheter, préparer, cuisiner, laver, ranger) et les deux lessives quotidiennes (trier, étendre, plier, ranger), et bien entendu les sorties avec les enfants (organiser, préparer, conduire, visiter, revenir, ranger), je dois pouvoir faire, disons... entre trois et cinq pages par jour ? Sauf au camping, bien sûr. Et les jours où on voyage. Et ceux où nous avons prévu une grande sortie...
Bon, le calcul est vite fait, en réalité.

Chère éditrice,
J'aurais vraiment aimé accepter, mais avec les vacances scolaires qui arrivent, je ne vais vraiment pas réussi à traduire 400 pages d'ici fin août... Je le regrette beaucoup. J'imagine qu'on ne peut pas repousser la remise à fin septembre ?
Bien à toi,
Fofo

48h de silence.
Ce matin, elle m'appelle :

— Allô, Fofo, écoute, je t'appelle pour en discuter, parce que j'aimerais bien que ce soit toi qui le fasses... Et puis je dois t'avouer que j'ai contacté d'autres traducteurs, et je n'ai eu que des réponses négatives. Tous ceux qui ont des enfants partent en vacances, et même ceux qui n'en ont pas...

(Ces traducteurs, quels flemmards, franchement !)

— Il doit bien y avoir quelques traducteurs qui ne partent pas, non ?
— Il y a aussi ceux dont le planning est déjà plein.

(Ils sont pénibles, ces traducteurs, à prévoir du travail plusieurs mois à l'avance, au lieu d'attendre gentiment près de leur téléphone qu'on leur donne un truc à faire !)

— Mais pourquoi est-ce que c'est aussi urgent ? J'ai vu que le livre en VO va sortir en novembre. Vous espérez le sortir en même temps ?
— Non, non, il est prévu pour janvier, mais on a une réunion des représentants début septembre.

(J'aurais dû m'en douter : c'est toujours à cause de la réunion des représentants.*)

— Et si, fin août, je te donnais un tiers de la traduction, plus un résumé détaillé du reste du livre ? Peut-être que les représentants s'en contenteraient ?
— Mmm... J'aurais aimé leur donner le texte complet.
— Mais vous venez juste de l'avoir, ce texte ? Parce que si tu m'avais contactée il y a deux ou trois semaines, j'aurais peut-être accepté.
— C'est vrai ? C'est dommage ! Non, on l'avait déjà, mais on vient juste de faire notre programme 2018, donc on ne savait pas qu'il allait paraître en janvier.

(Et bien entendu, il n'est venu à l'idée de personne que même s'il devait paraître en mai ou septembre, on pourrait quand même le mettre en traduction tout de suite. Non.)

— Écoute, je suis vraiment désolée, mais c'est trop tard pour annuler mes vacances et inscrire mes enfants dans une colonie !
— Bon, je vais y réfléchir. Je te rappelle d'ici ce soir.


Finalement, elle a accepté la remise partielle fin août et le reste fin septembre. Puisque je m'obstinais à vouloir partir en vacances avec mes enfants...

*Pour ceux qui n'y connaissent rien, les représentants sont les intermédiaires entre éditeurs et librairies : ceux que les éditeurs doivent convaincre que tel livre est super, pour qu'ils convainquent à leur tour les libraires d'en mettre plein d'exemplaires dans leur librairie.

jeudi 15 juin 2017

Indulgence

Retour de l'école :
— Je suis désolée, les enfants, je suis une très mauvaise mère : je n'ai pas eu le temps de faire des gâteaux, aujourd'hui.
— C'est pas grave, maman, me dit Mr Thing Two. Pour une fois, on peut manger des granola.
— Tu n'est pas une mauvaise mère, tu es une bonne mère ! renchérit Miss Thing One.

Ce qui m'a fait le plus rire (sous cape), c'est le sérieux avec lequel ils cherchaient à me rassurer...

Tragédie

Il n'y avait pas UNE SEULE cerise.







(En fait je suis revenue lundi soir, mais il m'a fallu tout ce temps pour m'en remettre)


(Avouez que c'est plus original que "J'ai pas eu le temps de bloguer", comme excuse)

(Allez, promis, je recommence à écrire régulièrement)

vendredi 9 juin 2017

Départ inopiné

Je devais partir dimanche matin, après avoir voté, pour quatre jours dans notre maison de vacances en Italie. Raison officielle : contrôle de l'avancée des travaux entrepris, remontage de meubles, grand rangement en vue de l'été, démarches administratives urgentes. En réalité, j'espérais surtout me gorger de cerises.
Finalement, parce que Darling a besoin d'aller voir sa mère mardi, j'ai dû avancer mon voyage. J'ai appris ça hier soir. Je suis dans le train en ce moment même. Je ne pourrai pas aller à l'atelier vélo demain (je commence à croire à une malédiction). Je ne pourrai pas voter dimanche. Je n'aurai que le lundi matin pour les démarches administratives. L'amie qui devait me rejoindre à partir de dimanche soir ne peut pas venir plus tôt.
Mais surtout, ce qui m'inquiète, c'est : en deux jours seulement, aurai-je le temps de manger toutes les cerises ?

mercredi 7 juin 2017

Citation apocryphe

J'avais dit que je reviendrai parler de la Convergence, mais en fait je n'ai rien de spécial à dire. Rien de plus que les fois précédentes, en tous cas. C'était chouette, voilà. Malgré le coup de soleil (déjà presque parti, heureusement). Je n'ai même pas de photos spécialement rigolotes.

Du coup, trop fatiguée pour chercher un vrai billet à faire, je me suis dit que j'allais vous coller une belle citation sur les vélos et les livres que j'ai lue hier ou avant-hier.

Sauf que je ne la trouve plus.

Pas grave. J'ai lu aujourd'hui un billet de blog de l'auteure jeunesse Clémentine Beauvais qui enquête sur la plus célèbre des citations de Lewis Carroll... qui s'avère fausse. Donc puisque je ne trouve plus ma citation, je vais la réinventer, na. Et je vais l'attribuer à un auteur prestigieux, tant qu'à faire. On verra bien si je la retrouve sur Twitter ou Facebook dans quelques semaines ou mois.

Les vélos et les livres sont deux des plus belles inventions de l'humanité : ils vous permettent de voyager très loin en ne dépendant que de vous-même.
Umberto Eco

(N'hésitez pas à l'envoyer à des amis, à l'afficher au bureau, à la broder sur des coussins...)

(Et si quelqu'un retrouve la citation d'origine, qu'elle soit vraie ou fausse, ça m'intéresse !)

lundi 5 juin 2017

Coup de soleil

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ai-je cru pouvoir me passer de crème solaire simplement parce que le temps était en partie couvert et que je me mettais à l'ombre à chaque arrêt ? 

J'ai un trait rouge sur chaque bras au niveau des manches, un nez qui ressemble à une petite betterave (et le pire, c'est que je n'aime PAS les betteraves), et un magnifique décolleté où on distingue la marque de la lanière de l'appareil photo.

Bien entendu, les quatre enfants n'ont rien. Mr Thing Two, le seul autre pâlichon de la famille, était en manches longues et portait un casque.
Bon, je reviens vous parler de la Convergence plus tard. Pour l'instant, je vais aller mettre de la Biafine...

dimanche 4 juin 2017

Braquage à l'ancienne



Hier matin, je vous l'ai raconté, la journée a commencé assez péniblement. J'étais donc d'autant plus décidée à aller à un atelier vélo pendant l'après-midi. Cela fait des mois et même des années que j'en ai envie, et je me suis enfin décidée. En fin de matinée, j'ai vérifié l'adresse. Et c'est là que j'ai découvert l’astérisque sous les horaires d'ouvertures :

Ouvert le samedi* de 14h à 19h
* sauf le premier samedi du mois.

Voyons le bon côté des choses : j'aurais pu y aller en poussant laborieusement à la main le vélo mal en point que j'ai rapporté de Grenoble, trouver porte close, et devoir revenir. 12 km à côté d'un vélo, pour rien, ça m'aurait agacée.

Du coup, le soir, je suis allée au cinéma. J'ai choisi un film dont j'étais certaine qu'il me mettrait de bonne humeur : Braquage à l'ancienne. Et j'avais raison, ça m'a mise de bonne humeur. Pas seulement le film lui-même, d'ailleurs, mais aussi les bandes-annonces, les publicités (Ha ha, l'Oasis bon pour la santé, avec des fruits qui parlent, et "exciting" traduit par "trop kiffant" ! Mes voisins ne comprenaient pas pourquoi je riais comme ça...), et surtout le trajet sur une piste loin des voitures, sous une pluie vivifiante à l'aller, dans la nuit au retour, comme une transition toute douce entre la fiction et la réalité. Et puis le film lui-même aussi, bien sûr : pas d'une originalité folle, mais divertissant, avec de bons acteurs, et d'où on est certain de sortir avec le sourire (et quelques questions sans réponse, mais peu importe).

Une bonne soirée, ça fait oublier tous les tracas et contretemps, non ?

samedi 3 juin 2017

Matin chagrin

Samedi matin. Les enfants se réveillent à 7h30, alors que les jours où il y a école, c'est moi qui dois les réveiller. Normal.
Je nourris les monstres. Puis je prépare mon propre petit déjeuner. Thé, tartine.
Il fait gris. Et le Filou et Miss Thing One ont tous les deux invité un copain cet après-midi. Et le Grand va chez un ami. Il y aura donc cinq enfants de 5 à 7 ans, et aucun animateur bénévole de 15 ans. Est-ce que j'ose me rendre à un atelier vélo, comme j'en avais l'intention, et les laisser tous avec Darling ?
Voyons les horaires de l'atelier vélo. Et la météo. S'il ne pleut pas, ils pourront au moins jouer dans le jardin. Mon thé à la main, je vais allumer l'ordinateur.
Il bourdonne. Grésille. Vrombit. S'éteint.
Je coupe le courant. J'attends.
Je rallume. Bourdonnement. Grésillement. Vrombissement. Plus rien.
Allons bon. Qu'est-ce que ça pourrait être ? Un câble mal branché ? Trop de poussière à l'intérieur de la machine ? Voyons ça.
Je vais chercher un tournevis. Je débranche tout. Je dévisse. J'ouvre l'unité centrale. Oui, il y a pas mal de poussière.
Je vais chercher l'aspirateur à la cave (non, je ne l'utilise pas souvent). Je nettoie de mon mieux l'intérieur de l'ordinateur. Enfin, je rebranche tout, soigneusement, pour éviter tout faux contact.
J'appuie sur le bouton. Ça marche ! Ouf. Cela dit, je ne suis pas naïve, je sais que mon ordinateur commence à donner des signes de fatigue et que ce n'est pas un petit coup d'aspirateur qui va beaucoup prolonger son espérance de vie. Un de ces mois, il va falloir que je le change. Gloups. Mon compte en banque ne va pas aimer ça.
Enfin, pour l'instant, le drame est évité. Juste avant d'aller ranger l'aspirateur à la cave, je me dis que mon clavier mérite un petit nettoyage, lui aussi.
Je le savais, pourtant. La mésaventure était arrivée à des collègues traducteurs. J'étais avertie. Mais malgré mes précautions, je n'ai pas seulement aspiré des tonnes de poussière (bon sang, toute cette saleté sous mes doigts !), mais aussi... une touche.
Le Y.
Ça pourrait être pire. Le A. Ou le E. Ou le R. Mais bon, ce n'est pas idéal quand même. J'ai souvent besoin d'écrire "Il y a". Et maintenant que j'y pense, il y a une "Emily" dans ma traduction en cours.
Je n'ai plus qu'à récupérer mon Y.
Je débranche l'aspirateur, je l'ouvre, je sors le sac, et je... fouille dedans. BEURK. C'est sale. Et bien sûr, il est presque plein : ça n'aurait pas pu arriver à un moment où le sac était vide, non.
Mais je trouve ma touche !
Je remets le sac, parce que je n'ai vraiment pas le courage de le changer là maintenant. Je vais me laver les mains. Je referme l'aspirateur. Je le range à la cave. Je vais passer ma touche à l'eau. Je l'essuie très soigneusement. Je la remets sur mon clavier. IL Y A. EMILY. Ouf, ça remarche normalement !
Conclusion : d'après la météo, il y a de fortes chances qu'il pleuve cet après-midi.
Et bien sûr, à ce stade, mon thé était complètement froid.

Il y a des matinées plus pénibles que d'autres, non ?

jeudi 1 juin 2017

Tri de chaussures

Ça, ce sont celles qui traînaient dans l'entrée.


Après, je m'attaque à celles qui sont sur des étagères ou dans des cartons à la cave.

mercredi 31 mai 2017

Soustraction pour le plaisir

Miss Thing One revient de l'école toute contente : ils ont appris à faire des soustractions, aujourd'hui. Elle s'empresse de me montrer comment elle procède avec un exercice pratique : 44 - 15 = ... Elle dessine des dizaines, des unités, puis m'annonce fièrement la solution*. Le Grand arrive sur ces entrefaites.
— Ce sont tes devoirs ? lui demande-t-il.
— Non, nos devoirs, c'est de la lecture.
— Mais alors, pourquoi est-ce que tu fais ça ?
— Ben, comme ça !
Il la dévisage, les yeux comme des soucoupes, et demande, histoire de vérifier qu'il a bien compris :
— Mais... tu veux dire que tu fais des maths pour le plaisir ?

(Personnellement, si j'avais du temps libre, ça m'amuserait beaucoup plus de résoudre une équation ou de démontrer que ABCD est un parallélogramme que de dessiner une carte géographique comme il le fait si souvent – non mais franchement, quelle idée !)

* Vous avez deux heures. L'usage du boulier et du trombone à coulisse sont interdits.

mardi 30 mai 2017

Convergence Francilienne dimanche prochain

J'ai l'habitude de toujours raconter mes sorties ou voyages après les avoir fait, mais on m'a fait remarquer que c'était dommage, car cela pouvait intéresser certains lecteurs du blog... Donc cette fois, je vous l'annonce à l'avance : cette année comme les années précédentes, je ferai la Convergence Francilienne, cette grande balade à vélo organisée chaque année par l'association de cyclistes MDB. Je l'ai faite pour la première fois en 2014 (ici), et j'ai recommencé chaque année depuis (2015 et 2016). Si quelqu'un veut m'y retrouver, il ne peut pas me rater : je serai avec la branche blanche, peut-être en tête de cortège, sans doute avec un gilet bleu de "capitaine", et toujours avec un triporteur et au moins deux enfants dedans (on va voir si Miss Thing One peut prendre son propre vélo).


Il devrait faire gris et pas trop chaud, le temps idéal pour ne pas se transformer en homard. L'allure est extrêmement raisonnable, l'ambiance très sympathique. Allez, les Îledefranciens, on enfourche son vélo et on vient participer !

La carte des points de rassemblement est ici.



dimanche 28 mai 2017

Quatre jours bien remplis

Fin de ce pont de quatre jours où rien ne s'est passé exactement comme prévu. Mais où, finalement, tout s'est bien passé.

Le spectacle de danse de Miss Thing One le jeudi. Ma gamine était souvent légèrement en retard par rapport aux autres, mais il faut dire que c'était la plus jeune du groupe. Et puisque ça lui plaît assez pour qu'elle ait envie de continuer, on remet ça l'année prochaine !

(En bas, ce n'est pas une mère folle de fierté, mais la prof de danse.)
Le voyage à Rouen le vendredi et samedi, avec une nuit dans une auberge de jeunesse très sympa et propre, avec un tour de la ville en petit train touristique (pour reposer les gambettes), un passage par le musée des Beaux-Arts (thème : "De Caravage à Monet, histoire de la peinture européenne, introduction". Résumé : plus ça avance, moins il y a de Jésus et de Zeus, et plus il y a de paysages et d'autres trucs.), un petit tour par la cathédrale où quelqu'un jouait de l'orgue pour de bon ("L'un des instruments les plus sonores qui existent", ai-je avancé. "Moins que le cor des Alpes qui peut s'entendre à cinq kilomètres", m'a rétorqué le Grand, qui a toujours quelque chose à objecter à tout. "Peut-être, mais essaie un peu de jouer un requiem avec un cor des Alpes", ai-je répondu, ce à quoi il n'a rien trouvé à redire, na.), une visite au "Panorama XXL" qui présente une immense fresque à 360°, avec son et lumière, replongeant le spectateur dans l'ambiance de Rouen en 1430 (à l'époque de Jeanne d'Arc) (très impressionnant, surtout pour les enfants), une balade le long de la Seine, et puis deux pique-niques dans un parc et un dîner de pâtes préparées dans la cuisine de l'auberge de jeunesse, ce qui nous a permis d'éviter les restaurants et de limiter le prix du séjour.

L'auberge de jeunesse, dans une ancienne teinturerie

– Y a plein de maisons avec poitrine apparente, maman, m'a dit Mr Thing Two.
– Poutre, mon amour. Poutres apparentes.

Après le pique-nique, on apprend à faire la roue.
(Je suis très fière, j'y arrive encore)

Il faut que quelqu'un parle à cette famille des triporteurs !
Le spectacle au Parc Floral aujourd'hui, "Mais il est où le do", par la compagnie des Châteaux de Sable, une pièce jouée avec des marionnettes par trois acteurs / musiciens (aux instruments parfois étonnants) sur le thème des chansons traditionnelles de notre enfance, spectacle qui a bien plu à mes gamins (même au Filou, qui a bien compris l'intrigue) ; et puis un peu de toboggan, et puis un peu de bac à sable, et puis un trajet à six en triporteur, car ma sœur était venue nous rejoindre avec son bambin, et j'ai réussi à la transporter en plus de mes trois gamins ET de la poussette, ce qui prouve une fois de plus la supériorité du triporteur sur les voitures de taille classique dans lesquelles on ne peut caser que cinq personnes (et en plus, j'ai fait mon sport de la semaine).

C'était un méchant roi qui avait volé le do d'une clarinette
pour empêcher Jeannette d'épouser son ami Pierre...


Bref, des bonnes journées, malgré l'absence de Darling. Des vraies journées en famille, dans la bonne humeur. Peu de disputes ou de râleries, beaucoup de bons moments, de rires et d'émerveillements : des futurs souvenirs précieux, j'espère...

vendredi 26 mai 2017

Rouen, deuxième tentative

Jusqu'ici, tout va bien.
(Et en plus il fait très beau)
(Dommage pour Darling)

jeudi 25 mai 2017

Un pont contrarié et contrariant

Vu que, par la faute du lobby des professionnels du tourisme, les enfants de la zone C, cette année, allaient avoir 12 SEMAINES de cours d'affilée entre les vacances de printemps et celles d'été (après avoir eu 5 semaines entre les vacances de Noël et celles de février) (je préfère ne pas trop en reparler, ça me met en rage), j'avais pensé que le pont de l'Ascention pourrait faire office de mini-vacances. Nous serions partis le mercredi juste après la classe, nous aurions passé quatre jours chez ma mère ou chez ma tante ou ailleurs, et cela aurait fait une coupure sympa, une occasion de profiter du joli mois de mai.

Et puis j'ai appris que le spectacle de danse de Miss Thing One allait avoir lieu le jeudi 25 mai, dans l'après-midi. Avec répétition de deux heures le matin. Dans un théâtre assez loin de chez moi.

Bon. Tant pis. Trois jours, cela devenait trop court pour aller se mettre vraiment au vert. Mais pourquoi pas une excursion non loin de Paris ? Juste deux jours, pour ne devoir payer qu'une seule nuit quelque part ? Après de longues recherches, j'ai découvert que l'auberge de jeunesse de Montargis était en bordure de forêt. Parfait. On y va le vendredi matin, on revient le samedi soir. J'ai réservé un dortoir pour six. J'ai payé, même. J'ai réservé le billet aller.

Et puis j'ai appris qu'il y avait des travaux sur la ligne et qu'aucun train ne circulerait le samedi 27 entre Montargis et Paris. Retour impossible.

Bon, eh bien, on trouvera autre chose pour le vendredi et samedi. Quant au dimanche, puisque tout le monde rêve de forêt, allons à Fontainebleau ! J'ai étudié les horaires de train. J'ai acheté une carte IGN. J'ai cherché une balade réalisable par des jeunes enfants. J'ai cherché ce qui pourrait les intéresser.

Et puis j'ai appris qu'il y avait un spectacle auquel je voulais vraiment emmener mes enfants. Au Parc Floral. Un dimanche après-midi. En mai. Gloups.

Bon. Tant pis pour le dimanche : ce sera bain de foule et non bain de nature. Et pour le vendredi-samedi, alors ? Rouen, alors, puisque nous n'avons pas eu le temps de voir grand-chose la dernière fois, avant que le virus ne nous achève ? J'ai contacté l'auberge de jeunesse de Rouen, qui m'a confirmé très gentiment que je pouvais réutiliser ma réservation. Pas très champêtre, certes, mais ça pourrait être chouette. On va l'avoir, notre premier vrai weekend à six. Et on va en profiter !

Et puis j'ai appris que la mère de Darling, hospitalisée hier après-midi pour une grave infection à la jambe, s'est enfuie de l'hôpital hier soir dans un moment de délire paranoïaque. Darling a dû prendre le train ce matin aux aurores.

Mais bon sang, qu'est-ce que je lui ai fait, à ce pont de l’Ascension ?

mardi 23 mai 2017

Liste d'objets préférés, par Mr Thing Two

Consigne : Je fais la liste de mes cinq objets préférés.

Réponses de Mr Thing Two (7 ans, CP) :

- des jouê
- de larjan
- un diaman
- des bonbon
- du poulê

(C'est moi qui me fais des idées, ou il ressemble de plus en plus à son grand frère ?)

samedi 20 mai 2017

Travaux de peinture et anniversaire

Et donc, qu'ai-je fait, pendant ces quelques jours chez ma mère ?
Eh bien, pour la première fois de ma vie, j'ai joué les peintres en bâtiment. Il faut savoir que l'état de mes murs m'importe peu : dans notre ancien appartement, nous avions tout fait repeindre avant d'emménager, et n'avons plus touché à rien avant de déménager, onze ans plus tard. Ma mère, elle, a déjà dû peindre une bonne cinquantaine de pièces dans sa vie (à la fois parce qu'elle a beaucoup eu la bougeotte au cours des deux dernières décennies, et parce que la déco l'intéresse plus que moi). Mais cette fois, il y avait une difficulté supplémentaire : l'un des murs concerné était couvert de papier peint, et elle ne voulait pas se lancer toute seule.

Quand je suis arrivée, dimanche, après un bon déjeuner sur la terrasse pour nous donner des forces, nous avons donc déplacé les meubles, dont une armoire gigantesque (heureusement que ma sœur de 16 ans et son copain étaient là pour nous prêter main-forte) et nous avons entrepris d'arracher le papier peint. Qui avait été collé avec beaucoup de soin, croyez-moi. Eau chaude et griffoir ont un peu aidé, mais il nous a tout de même fallu quelques heures pour en venir à bout.

C'est bête, j'ai oublié de vérifier ce que ça voulait dire
avant de tout arracher.
  Le lundi matin, le mur était débarrassé de toute trace de papier, mais il était passablement écaillé. Nous avons donc attaqué une opération que nous n'avions jamais réalisée auparavant ni l'une ni l'autre : étaler de l'enduit, après avoir regardé (plusieurs fois) un tutoriel où un certain Alexandre nous expliquait plein de choses au sujet d'angles, de consistances, de direction du geste, et de sardines (?).  Autant dire que ça n'a pas été sans mal, surtout au début. Mais en quelques heures, nous sommes venues à bout du mur, même si nous n'avons pas pu respecter la consigne d'aller toujours "du sec vers le mouillé" (ben oui, mais au bout d'un moment, c'est mouillé partout !).

Peut-être qu'il n'aurait pas fallu
commencer en plein milieu, en fait.
Pour terminer d'occuper notre journée, nous avons dégondé les trois portes qui donnaient sur l'entrée et les avons repeintes, pour ne pas faire de jaloux.

Le mardi, l'enduit était sec. Il fallait désormais le poncer. D'où les courbatures. Car nous n'avions que des ponceuses à huile de coude. Et ça nous a pris un certain temps. Mais devant nos yeux émerveillés, le mur qui nous avait paru si irrégulier la veille est devenu presque parfaitement lisse. Face à ce résultat, qu'importe si nous avons avalé environ trois kilos de poudre d'enduit au passage !

A la fin de l'opération, les cheveux
de ma mère étaient aussi gris que les miens.
Après, il a encore fallu lessiver les murs, et passer l'aspirateur partout, et poser du scotch sur tout ce qui dépassait, et tapisser le sol de plastique, et puis nous avons attaqué la peinture proprement dite, en commençant par le plafond. Moi qui n'avais jamais tenu un rouleau en main de ma vie, je me suis lancée héroïquement.

Bien sûr, nous en avons tout de même
fichu partout dans la maison.

Miraculeusement, je ne me suis pas cassé
la figure (mais j'ai failli)

Mercredi matin, j'étais désormais tellement aguerrie que j'ai passé toute seule la deuxième couche partout dans la pièce (sauf au plafond, qui nous avait paru déjà bien assez blanc).
Mercredi après-midi, il ne restait plus qu'à rebrancher les lampes (d'où une brève leçon d'électricité : je n'avais quasiment jamais vu de domino, mais comme, avec ma délicatesse naturelle, j'avais tout arraché au début des travaux, il a bien fallu être intelligente), et puis à remettre des meubles. Et l'entrée était terminée.

On dirait presque du travail de pro (quand on ne regarde pas les coins)

— On n'aura qu'à dire que pour ton anniversaire, je t'ai offert un cours de bricolage, m'a dit ma mère.
(Sauf qu'en fait elle m'a aussi offert un délicieux dîner dans un resto fort sympathique. J'espère que ce n'était pas mon cadeau de Noël à l'avance.)

Voilà, maintenant je sais repeindre un mur et même refaire un enduit. Et j'en suis très satisfaite.
— Chic, tu vas pouvoir commencer à repeindre la maison, a commenté Darling quand je suis revenue. Je sais que tu n'as pas beaucoup de temps, mais une pièce à la fois,ça devrait aller, non ?

(La prochaine fois, pour mon anniversaire, je veux poser un carrelage. Chiche.)

jeudi 18 mai 2017

Un vélo dans le TGV

Mais pourquoi n'ai-je pas blogué ces derniers jours ? Parce que j'étais chez ma mère, et que j'étais bien trop occupée. Je suis revenue cet après-midi, avec un nouveau jouet.

Oui, je sais, la photo est pourrie
(Et le vélo aussi, un peu)


Ma mère l'avait eu pour ses quarante ans, mais dans la montagne où elle habite à présent, un vélo de ville est à peu près aussi utile qu'une voiture dans le 1er arrondissement. Du coup, j'ai profité de l'un de ces TGV qui ont un compartiment vélo, et je l'ai rapporté chez moi. Il va falloir au minimum changer les pneus, les câbles de frein, et la selle, et puis lubrifier à peu près tout ce qui peut l'être, mais j'ai décidé que j'allais le faire moi-même. J'ai même déjà acheté les pièces de rechange (on voit les pneus neufs sur la photo). Je vais m'inscrire à un atelier vélo (depuis le temps que je veux le faire !), démonter entièrement l'engin s'il le faut, le remonter, et ensuite, je n'aurai plus besoin de me présenter avec une mine penaude chez le vélociste à la moindre crevaison ou roue voilée ou vitesse déréglée. Et en prime, quand ma mère viendra séjourner chez moi, elle n'aura plus aucune excuse pour ne pas m'accompagner partout avec SON vélo.

Entre parenthèses, c'est bon à savoir : un certain nombre de TGV ont ce compartiment au bout de la voiture 8 (la dernière), avec de la place pour cinq vélos (je crois), et la possibilités de les attacher avec un antivol. Cela coûte 10 euros par vélo, à payer en même temps qu'on prend son propre billet. Dans le même compartiment, y a aussi un grand espace pour mettre des bagages encombrants ou une éventuelle remorque. Un vélo de taille standard rentre tout juste dans un ascenseur de gare, donc on peut à peu près éviter de le porter dans les escaliers. Bref, à retenir, pour les vacances ou les séjours dans des endroits ou on aimerait bien emporter son moyen de transport, quand on n'a pas la chance d'avoir un vélo pliant.

Et sinon, à part ça, à quoi étais-je si occupée ces derniers jours ? Je vous raconterai ça demain. Pour l'instant, je vous dirai juste que j'ai des courbatures aux bras, et que je suis assez fière de moi...

dimanche 14 mai 2017

Le piège du miroir

Le dîner touche à sa fin. Je demande à Darling :
— Tu peux aller chercher la compote et des coupelles ?
Il part dans la cuisine. J'aide le Filou, toujours très lent à manger, à terminer son risotto. Une minute passe. Le Grand chahute et me tape sur les nerfs. Deux minutes passent. Les Things s'impatientent. Moi encore plus. Je me retourne et je vois Darling, la compote dans une main, debout face au miroir, en train de lisser sa moustache.
— Mais qu'est-ce que tu fais ? Et ce dessert ?
Il semble se réveiller brusquement :
— Ah oui, désolé ! Ce n'est pas ma faute, il y avait le miroir sur le chemin...

(Bon sang, on m'a souvent reproché de n'être pas assez coquette, mais trop, c'est trop, non ?)
(Plus qu'à remplacer le miroir par une affiche, ou à la recouvrir des dessins des enfants...)

samedi 13 mai 2017

Chick-litt et Manwhohasitall

Il y a quelque temps, la blogueuse Caroline avait parlé, parmi d'autres choses, d'un bouquin qu'elle avait bien aimé : Mon midi, mon minuit, d'Anna McPartlin. Avec cette phrase : "J'aime la chick-litt quand elle est bien tournée, ce qui est le cas de ce bouquin, dévoré en un après-midi (...)"
Curieuse, j'étais allée chercher un résumé en ligne. Le voici :
"À la suite d'un drame, le monde d'Emma, jusque-là rempli de promesses, s'effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d'elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre...
Comment survivre à la perte et au chagrin ?
Quel courage l'existence peut-elle parfois exiger de nous ?"
Je n'ai pas lu ce livre. Ma PAL est déjà horriblement haute. Mais je me suis posée une question : en quoi ce roman peut-il être qualifié de "chick-litt" ? Est-ce parce qu'il est optimiste et se termine bien ? Parce que ce n'est pas de la grande littérature (comme l'immense majorité des romans qui sortent tous les mois) ? Parce qu'il parle de sentiments ?

Aujourd'hui, sur Twitter, j'ai lu une phrase qui m'y a fait repenser. L'auteur de cette phrase est "Manwhohasitall" : un homme (?) qui, jour après jour, pose des questions, fait des plaisanteries et rapporte des commentaires en inversant systématiquement les genres. Un exemple d'aujourd'hui même : "Ma femme respecte vraiment les hommes, nous dit Matt, 35 ans. Elle pense qu'ils sont aussi intelligents que les femmes. Elle est vraiment formidable. J'ai beaucoup de chance."
J'adore ce compte, parce qu'au delà-de la plaisanterie, même moi, très sensible à tous les clichés, il me fait parfois réfléchir.
Bref, aujourd'hui, Manwhohasitall a écrit :
"Débat du jour : devrions-nous cesser d'appeler les livres écrits par des hommes et qui parlent d'hommes Dick Lit ?"

Ce qui a répondu indirectement à ma question. Mon midi, mon minuit est de la chic-litt parce que c'est un roman écrit par une femme qui met en scène une femme.
C'est triste.


PS : Quelques autres phrases de Manwhohasitall :

Aux garçons : votre genre ne doit pas vous empêcher de vous épanouir, quoi qu'en dise l'éducation, la littérature, le cinéma, l'art et la culture populaire, jour après jour !

Pourquoi les hommes dans notre pays essaient-ils d'améliorer leur condition, alors que les hommes dans les autres pays du monde sont beaucoup plus mal lotis ? Cela dessert leur cause.

Messieurs, la fête des pères est VOTRE journée. Pourquoi ne pas demander à votre femme de garder les enfants une heure ou deux pour que vous puissiez trier les vêtements tranquillement ?

Vos enfants dorment ? Votre femme regarde la télé ? Détendez-vous et lisez un magasine masculin pour comprendre tout ce cloche dans votre corps, votre maison, votre vie. Prenez soin de vous !

Messieurs, n'oubliez pas de sourire le plus souvent possible. Les femmes aiment les hommes positif.

"Ça ne me dérange pas du tout qu'on parle des Droits de la Femme, parce que je sais que le mot "Femme" recouvre à la fois les femmes et les hommes", nous dit Dan, 47 ans. Très raisonnable.

Bravo à toutes les femmes qui sacrifient volontairement leur temps libre pour aider leur mari à faire le ménage de printemps ce weekend. Merci, mesdames !

"Je refuse de faire les bagages de ma femme en plus de celui des enfants. C'est une adulte, elle peut le faire seule !" s'énerve Dan. Quel paresseux !

Sondage du jour : quel prince Disney rêviez-vous d'être quand vous étiez petit ?

"Je ne veux pas être appelé une femme de loi mais un HOMME de loi", s'énerve Peter, avocat, comme si ça avait la moindre importance.

"Ma femme se plaint quand je lui demande de l'aide pour le ménage. Que faire ?" nous demande Rob. As-tu essayé de lui trouver des corvées faciles ou qu'elle apprécie davantage ?

"Je respecte les hommes. J'ai même arrêté de sortir avec des beaux mecs : maintenant, je préfère les hommes capables de tenir une conversation", nous dit Claire, 52 ans. Bravo, Claire.

"Ils veulent qu'on les respecte, et ils se baladent avec des chaussures d'homme et des chemises sexy. C'est complètement incohérent !" nous dit Claire, PDG. C'est vrai.

(Si vous en voulez d'autres, c'est ici) (en anglais, bien sûr)

vendredi 12 mai 2017

Contravention inattendue

Sonnerie. Factrice. Lettre recommandée. Ça vient d'Italie. Qu'est-ce que ça peut être ?
Je l'ouvre. Une amende. Allons bon, j'ai fait un excès de vitesse ? Ça ne me ressemble pas, mais ma foi, ça peut arriver, bien sûr.
Mais non, ce n'est pas un excès de vitesse. J'ai une amende pour avoir circulé sans autorisation dans une zone piétonne (ou plutôt une "zone à trafic limité"), à Turin.
HEIN ?
J'ai circulé en voiture dans une zone piétonne, MOI ?
Ce n'est pas possible. Ou alors elle était si mal indiquée que je n'ai pas vu que c'était une zone (plus ou moins) piétonne ? Mais même si c'était le cas, ça m'étonne : je ne circule jamais en voiture dans Turin. Je contourne la ville, ou alors, si je vais vraiment dans Turin, je me gare et je prends le métro. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
C'est alors que j'ai remarqué la date de l'infraction. 9 août 2016.
(Ils en ont mis du temps pour me retrouver, dites donc...)
Et cette date m'a rappelé quelque chose.
J'ai cherché sur mon journal intime mon blog. Et j'ai trouvé.
Le mardi 9 août, c'est la date à laquelle je suis allée à l'aéroport de Turin chercher une voiture pour remplacer celle qui était tombée en panne dans des conditions épiques, rappelez-vous. Parce qu'on ne pouvait pas m'apporter cette voiture dans une agence plus proche de mon lieu de vacances, alors que j'ai appris par la suite qu'elle avait été déplacée dans une autre agence à 100 km de là. Et quand je suis arrivée à l'aéroport, non seulement la voiture prévue n'était pas là, mais dans celle que j'ai finalement pu récupérer, il n'y avait pas de GPS. Alors que la précédente en avait un, ce qui faisait que je n'avais pas apporté le mien. Et "du coup, je me suis perdue en revenant de l'aéroport", ai-je écrit.
Je m'en souviens très bien, de cette errance sans fin dans des faubourgs qui se ressemblaient tous, à essayer de déterminer où était le sud d'après la position du soleil.
Je me suis si bien perdue que visiblement, je me suis retrouvée dans une zone semi-piétonne sans m'en rendre compte.
Bref, alors que je croyais cette affaire terminée, je me retrouve à présent avec une amende de 130 euros à payer.
(Soupir)

mercredi 10 mai 2017

Confusion gênante

Moi, mardi matin, en passant devant les affiches de la campagne électorales collées devant l'école, et en désignant la perdante :
— Ouf, on a échappé à elle comme présidente !
Mr Thing Two, étonné :
— Mais je croyais que tu l'aimais bien ?
Moi, faisant un bond :
— Hein ? Mais non mais non, mais pas du tout, mais où as-tu pêché une idée pareille ?
Lui, convaincu :
— Mais si, tu m'avais même dit que c'était la meilleure présidente de la France ! Tu étais contente parce qu'elle avait interdit aux voitures de passer près de la rivière !
Moi, soulagée :
— Oh, je vois ! Les voies sur berge ! Je parlais de la maire de Paris, pas de la présidente de la France, mon chéri. Un maire, c'est le chef d'une ville ; un président de la république, c'est le chef du pays.
Lui, illuminé :
— Ah oui, c'est vrai.

Bon sang, j'espère qu'il n'a pas raconté à tous ses camarades de classe que je votais bleu marine...

(Cela dit, je ne peux pas vraiment lui en vouloir : moi aussi, j'ai longtemps confondu Paris et la France. Très longtemps. Tous mes amis provinciaux vous le confirmeront.) (Ben quoi ?)

dimanche 7 mai 2017

Pollyanneries

Alors, des pollyanneries, comme promis (n'oubliez pas de lire Pollyanna si ce n'est pas déjà fait).

- Je suis contente que Mme Le Pen ait été battue, et de loin (même si c'est monstrueux que 11 millions d'électeurs aient voté pour elle). Dans l'ensemble, je suis plutôt contente que cette élection présidentielle se termine ainsi, sachant qu'il y a six mois, les pronostics étaient tout autres. Disons que ça aurait pu être pire.
- Je suis contente parce que, malgré l'avis de Darling, toujours persuadé que "ça va passer", j'ai fini par appeler SOS médecin, et que mes trois garçons victimes d'un virus ET d'une surinfection sont désormais sous antibiotiques et commencent à remonter la pente. Ce soir, au moment du coucher, personne n'avait la fièvre, pour la première fois depuis dix jours. OUF. (Note à moi-même : la prochaine fois, ne pas écouter Darling, et appeler le médecin plus tôt).
- Je suis contente parce que j'ai semé de la roquette dans mon jardin, et qu'elle commence à pousser. Je suis éblouie. Je n'y croyais pas une seconde. (Basilic, ciboulette et persil ne font pas mine de se montrer, par contre).
- Je suis contente parce que j'ai fait une belle et longue promenade à vélo avec Miss Thing One, comme promis, malgré ma fatigue et ma flemme, et que ça a eu pour double effet de lui faire plaisir et de me rendre en partie ma bonne humeur.
- Je suis contente parce que j'ai profité des heures passées dans la chambre de Mr Thing Two malade pour réorganiser une partie de ma bibliothèque grâce aux nouvelles étagères montées, ce qui veut dire que j'ai de nouveau quelques mois devant moi avant de m'arracher les cheveux à chaque fois que j'achète un livre et qu'il ne tient nulle part.
- Je suis contente que cet épisode de virus familial soit tombé une semaine où je ne croulais pas sous le boulot. Je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait été si j'avais eu une traduction à rendre pour mi-mai.
- Je suis contente parce que quand j'ai appelé pour annuler, l'auberge de jeunesse de Rouen a très gentiment accepté que je reporte notre réservation à une autre fois. Il n'y a plus qu'à trouver un weekend ou personne n'est malade (et aussi où il fait beau, tant qu'à faire).
- Je suis contente parce que la nouvelle chanson dont Miss Thing One est tombée amoureuse, et qu'elle chante en boucle depuis trois jours, est "On écrit sur les murs". Pour ceux qui s'étonnent que ça me réjouisse, rappelez-vous qu'elle avait eu une phase "Ma belle andalouse", et même une phase "Agadou". Il y a un net progrès.
- Je suis contente parce que j'ai invité des voisins, des parents d'un ami du Grand, à venir prendre le thé demain. J'aime faire de nouvelles connaissances.
- Je suis contente parce que dans une semaine, je vais passer quelques jours chez ma mère. Toute seule. Je m'en réjouis d'avance.

Finalement, avec la perspective de passer une nuit à peu près correcte, la vie paraît beaucoup plus belle !

samedi 6 mai 2017

Quand ça veut pas...

(Suite de ceci)

Mauvaise nuit pour le Filou, mauvaise nuit pour Mr Thing Two, très mauvaise nuit pour moi, mais pas pour Miss Thing One, donc quand le réveil a sonné à 5h30 du matin (ou plutôt, quand je l'ai arrêté avant qu'il sonne, puisque j'étais réveillée depuis 3h30), je me suis dit qu'on allait tenter le coup du weekend avec la moitié de la famille. J'ai réveillé le Grand, qui s'est levé en grommelant que c'était vraiment trop tôt ; j'ai réveillé Miss Thing One, qui m'a annoncé avec joie qu'elle n'avait plus mal à l'oreille ; et nous sommes partis.

Nous sommes arrivés à Rouen à 9h, dans une ville encore ensommeillée, aux magasins fermés. Nous avons marché en admirant les vieilles maisons à poutres apparentes, nous avons visité consciencieusement la cathédrale, nous avons fait un tour par l'office du tourisme. A 10h et quelques, il s'est mis à pleuvoir. Miss Thing One en avait déjà assez de faire du tourisme et voulait aller se reposer à l'auberge de jeunesse, et il a fallu lui expliquer que la chambre ne serait disponible qu'à 17h30. Le Grand ne se remettait toujours pas de sa nuit écourtée, et il traînait les pieds. Mais j'ai obstinément gardé le moral.

J'ai entraîné les deux autres visiter "Le Gros-Horloge" ("Mais c'est n'importe quoi, on dit une grosse horloge", a protesté Miss Thing One, très choquée). Nous avons refusé les audioguides et avons découvert ensuite qu'aucun panneau explicatif n'était prévu pour ceux qui n'avaient pas envie de faire la visite avec un téléphone vissé à l'oreille. Pas grave, du coup c'est allé vite. La vue panoramique, du haut du clocher, était largement obscurcie par la pluie qui continuait à tomber dru. Tant pis.


Midi. Les enfants réclament une pizza. Je m'installe dans la première pizzeria venue. Pas terrible, ces pizzas. Beaucoup de sel pour masquer le manque de goût des ingrédients. Miss Thing One chipote. Le Grand termine sa pizza, mais annonce qu'il n'a pas assez faim pour un dessert. Voilà qui est étrange. Il a l'air toujours aussi fatigué. D'ailleurs, il dit qu'il a mal aux yeux. Et à la tête. Et à la gorge. Et il grelotte de froid, malgré son pull bien chaud.

OK, j'ai compris.

J'ai jeté l'éponge. A un moment donné, il faut savoir reconnaître une défaite. Nous avons pris le premier train qui repartait dans l'autre sens. Du coup, non seulement j'ai perdu les aller-retours des autres et la chambre de l'auberge de jeunesse, mais j'ai même dû racheter des billets de retour pour nous.

Quand nous sommes arrivés à la maison, le Grand s'est effondré sur son lit, visiblement atteint du même virus que les autres (pas de goûter, pas de dîner : aucun doute, il est gravement malade). Mr Thing Two avait dépassé les 40°C. Le Filou, malade sans discontinuer depuis lundi, pleurait pour un oui pour un non (dans son état, le simple fait de mettre des chaussons à l'envers ou de se tromper de pull déclenche une grosse crise de larmes). Miss Thing One, très déçue suite au voyage écourté (elle ne regrette pas tellement le musée, mais elle avait très envie de dormir "à l'hôtel", et aussi de rester seule avec le Grand et moi), n'a pu être consolée que par l'achat d'un nouveau livre (qu'elle a lu aussitôt) ET par une barre de chocolat ET par la promesse d'une promenade en vélo demain quel que soit le temps ET par la permission de dormir dans le grand lit avec moi cette nuit (ce qui ne va pas améliorer mon sommeil).

Vous savez quoi, je n'en peux plus. J'ai beau me répéter en boucle "ça va passer", mes 97 heures de sommeil en retard me font voir tout en noir. Bien sûr, ça va passer, mais QUAND ?

Dans ce genre de situation, il n'y a qu'une solution (à part se coucher tôt, ce que je vais m'empresser de faire). Demain, une liste de pollyanneries, d'accord ?



PS : N'oubliez pas d'aller voter. Ne faites pas comme ces parents qui ne font pas vacciner leurs enfants contre des maladies même gravissimes parce qu'ils savent que les autres parents, eux, vont faire le nécessaire. Laisser les autres faire le sale boulot est horriblement égoïste. Oui, demain j'irai voter pour un capitaliste qui se fiche de l'écologie et de la culture, quelqu'un dont le programme me désole. Parce que cela vaut mieux que quelqu'un qui se fiche des droits de l'homme (et de l'écologie et de la culture aussi, d'ailleurs). Ne jouez pas les autruches. Ne me laissez pas me salir les mains en exigeant de garder les vôtres bien propres. Ne prétendez pas que, si vous aviez le choix entre la grippe et le choléra, vous laisseriez à d'autres le soin de décider. Allez voter.

vendredi 5 mai 2017

Weekend contre virus

Ce devait être un de nos premiers "vrais" weekend à six, un weekend dans une ville que nous ne connaissons presque pas (Rouen), avec nuit sur place, promenades dans la ville, visite de la cathédrale et d'un musée ou deux, pique-nique dans un parc le midi et pâtes au jambon le soir à l'auberge. Un weekend en famille comme nous n'en avons quasiment jamais fait, pour des raisons à la fois de coût, de logistique, et tout simplement d'impossibilité, puisque Darling travaillait le samedi. J'avais trouvé des billets de train particulièrement bon marché (tarif "tribu", réservés trois mois à l'avance), une auberge de jeunesse avec des chambres pour six (donc au tarif "chambre partagée"), et je m'en réjouissais d'avance.

Finalement, c'est raté pour cette fois. Après une semaine assommé par la grippe (ou assimilé), Darling commence à peine à se remettre. Mr Thing Two, qui avait été au fond du trou le weekend dernier mais allait mieux mercredi et jeudi, a fait une rechute hier soir et a passé la journée d'aujourd'hui immobile sur un lit (ce qui, ajouté au fait qu'il n'a presque rien mangé, prouve que ça va vraiment mal). Et le Filou ne descend pas en-dessous de 38,5°C depuis lundi soir, malgré nos administrations régulières de paracétamol sous toutes ses formes. Tout à l'heure, il était à 39,9°C.

Miss Thing One, elle, après avoir été malade vendredi et samedi dernier, se plaint désormais d'avoir mal à l'oreille. Je soupçonne une otite naissante.

Et pour couronner le tout, la météo est formelle : demain et après-demain, à Rouen, il va pleuvoir. Température maximale : 17°C.

Du coup, on va voir ce qui se passe cette nuit. Si Miss Thing One dort tranquillement, on tente le coup, et on part à trois : elle, le Grand, et moi. Si elle ne va pas bien, je renonce. Je peux difficilement laisser Darling seul avec trois enfants malades. Selon le cas, je vais donc perdre trois allers-retours non-remboursables et trois places prépayées à l'auberge... ou six. Et quoi qu'il arrive, notre premier vrai weekend en famille tombe à l'eau.

Moralité : la mère propose, les virus disposent.

mercredi 3 mai 2017

Lecture urgente

Bien sûr, c'est quand on n'a pas eu une seule nuit correcte depuis une semaine, ni une seule journée sans un enfant malade à la maison, quand le plus jeune oscille entre 39° et 40°, et qu'en plus c'est mercredi et qu'on doit faire tous les allers-retours à l'école et aux activités des Things pour épargner un Darling convalescent, qu'on reçoit à 13h l'email suivant :

Bonjour Fofo,
J'avais oublié que j'avais une deadline pour aujourd'hui pour le roman en pièce jointe, j'ai réussi à négocier une rallonge jusqu'à demain matin, vous pourriez y jeter un coup d’œil ? Vous me sauveriez la vie ! Merci d'avance !

Sur quoi on découvre que le roman en pièce jointe est une dystopie pour "jeunes adultes" de 450 pages. Si.

Cela dit, j'ai tout de suite vu le bon côté des choses : ce soir, au lieu de bosser jusqu'à minuit devant mon ordinateur, j'ai un prétexte en or pour aller me coucher très tôt. Pour lire, certes, mais au lit. D'ailleurs, j'y vais de ce pas.

(Mais non, je ne vais pas passer ma nuit dessus. On me demande de "jeter un coup d'oeil". Donc je vais lire cent pages, parcourir la suite en diagonale, et lire les 50 dernières pages. D'habitude je n'aime pas faire ça, mais là, je n'ai pas le choix !)
(Mais non, je ne vais pas m'endormir dessus. Quel que soit mon niveau de fatigue, je ne m'endors jamais sur un bon roman. Si je pique du nez, c'est que le roman n'est pas si bon que ça : un critère infaillible...)
(Mais non, cet éditeur n'est pas un esclavagiste. Il ne m'a presque jamais fait ce coup-là, d'ailleurs. Il est débordé, lui aussi, voilà tout...)

lundi 1 mai 2017

Virus familial

Thermomètre. Doliprane. Nuits entrecoupées. Maux de tête. Non, pas moi. Les petits, et surtout Darling. Ce dernier est donc totalement HS : en fait, c'est presque comme s'il n'était pas là. Depuis vendredi, je suis donc la seule à me lever la nuit, à faire à manger, à ranger, à laver, à consoler, etc. Mais j'ai tout de même trouvé le temps de jardiner, de fêter un anniversaire, de me lancer dans un grand ménage de printemps dans la chambre du Grand, et même de monter de nouvelles étagères. Pas de bloguer, par contre. Je me demande pourquoi ? Remarquez, ça tombe bien : comme nous ne sommes quasiment pas sortis, je n'aurais pas grand-chose à raconter...

(Voyons le bon côté des choses : heureusement que c'est tombé ce weekend, où en plus il ne faisait pas très beau, et pas le weekend prochain, où nous sommes censés aller passer deux jours à Rouen !)

vendredi 28 avril 2017

Lectrice débutante

Et Miss Thing One découvrit les joies de la lecture.



C'est là qu'on se rend compte que même quand on a beaucoup de livres, de tous les genres, pour tous les âges, et dans plusieurs langues, on n'en a jamais assez.
(Heureusement que ces collections pour apprentis lecteurs ne coûtent pas très cher...)

(Et Mr Thing Two, me direz-vous ? Il est beaucoup moins motivé. Quelque fois, il écoute sa sœur qui lit à voix haute à longueur de temps, et il intervient occasionnellement pour lui souffler un mot, mais pas parce qu'il l'a déchiffré : parce que, malin comme il est, il a deviné la suite...)

(Ça me rappelle que l'autre jour, j'ai eu un rendez-vous avec leur instituteur, qui m'a déclaré : "Mr Thing Two n'est pas très bon en lecture. C'est encore très hésitant. Par contre, il écrit vraiment très très bien, et vite ! Quant à Miss Thing One, pour la lecture, ça y est, c'est vraiment bien enclenché. Par contre, au niveau de l'écriture, c'est horriblement lent. A part ça, Miss Thing One est très sage, et même trop : je ne l'entends jamais, elle ne répond jamais aux questions, et ne parle pas assez fort quand je l'interroge. Son frère n'a pas ce problème, et il a souvent des réponses pertinentes, mais il est très remuant, parle sans lever la main, se lève sans raison... Si on pouvait prendre le meilleur de chacun d'entre eux, on aurait l'élève idéal !")

jeudi 27 avril 2017

Des places pour Harry Potter

Le 1er août 2016 est sorti Harry Potter and the cursed child, en français Harry Potter et l'enfant maudit : le scénario d'une pièce de théâtre dont le héros est le deuxième fils de Harry, Albus Severus Potter, et qui se déroule dix-neuf ans après la bataille finale. La pièce s'ouvre sur la scène racontée dans l'épilogue du dernier roman.
(Je raconte ça pour ceux qui vivent sur la planète mars. Et aussi pour celui des lecteurs de mon blog qui m'a demandé récemment qui était Dark Vador, et qui ne doit pas plus connaître Ron, Hermione ou Dumbledore.)

Bref, ce jour-là, j'étais en Ligurie, dans un camping loin de tout, et en particulier loin de toute librairie digne de ce nom, sans même parler d'une librairie proposant des livres en anglais. Et pourtant, j'ai réussi à lire le scénario de la pièce le jour-même. Magie du kindle et des cafés qui proposent le wi-fi à leurs clients. Je vous avais raconté ça ici.

Ce jour-là fut également le jour de la première de la pièce éponyme, jouée à Londres, au Palace Theatre, en deux parties (six heures en tout). Il y avait eu déjà plus d'un mois d'avant-première, mais les représentations ouvertes au public commençaient le jour de la sortie du livre. Bien entendu, j'aurais adoré y aller. Mais le théâtre affichait complet pendant un an, et quand j'avais voulu acheter un billets pour l'automne 2017, mis en vente début août 2016, c'était déjà trop tard. Puis j'ai raté le coche lorsque les billets pour l'hiver 2017-2018 ont été mis en vente. Puis j'ai laissé passer la date lorsque les billets pour le printemps 2018 sont devenus disponibles.


Il y a trois semaines, j'ai appris que le mardi 25 avril, à 11h, seraient mis en vente les billets pour mai-juillet 2018. Et cette fois, je me suis juré de ne pas les rater. J'adore Londres, j'adore aller au théâtre, et j'adore Harry Potter ; ça faisait trois bonnes raisons pour se lancer dans la bataille. J'ai proposé à deux amies avec qui je suis déjà allée à Londres de prendre des places pour elles aussi. Elles ont accepté.
J'ai noté la date et l'heure de la mise en vente dans mon agenda.
J'ai refusé un rendez-vous professionnel qu'on me proposait le mardi matin.
Lundi soir, j'ai relu la procédure d'achats des billets. Il fallait se connecter à l'un des deux sites de vente de billets entre 10h30 et 11h. Tous ceux l'ayant fait se verraient alors assigner une place aléatoire dans la "queue" virtuelle. A 11h précise, les spectateurs potentiels connaîtraient leur place dans la queue, et pourraient alors attendre leur tour.

Mardi matin, j'ai mis en route le minuteur de manière à ce qu'il sonne à 11h40. Soit 20 minutes avant midi (n'oublions pas qu'il y a une heure de décalage avec Londres.)
Je n'ai pas attendu la sonnerie du minuteur. A 11h35, je me suis connectée à l'un des deux sites de vente de billets. Un message est apparu :
"Vous êtes désormais dans la salle d'attente. A 11h GMT, vous connaîtrez votre rang dans la queue. Merci de noter que si celui-ci est supérieur à 15 000, vous aurez très peu de chances de réussir à acheter un billet aujourd'hui."
15 000. Ça m'a fait rire. 15 000 cinglés dans mon genre ? Carrément ?

A tout hasard, cependant, je suis allée chercher mon ordinateur portable, je l'ai allumé, et je me suis connectée à l'autre site, pour doubler mes chances. Même message. Même attente.
Et puis à midi, le message a changé :
"Merci d'avoir attendu. Vous êtes à la 22 596e place. Il y a actuellement 22 581 personnes avant vous."
J'ai rugi, et je suis allée voir l'autre ordinateur.
Sur l'autre site, j'étais 26 748e.
Mes espoirs se sont effondrés.

Je n'ai pas fermé Internet, pourtant. J'ai continué à travailler, j'ai vaqué à mes occupations, j'ai déjeuné, j'ai proféré mille menaces à l'encontre de Darling à chaque fois qu'il faisait mine de s'approcher de l'un des ordinateurs... De temps en temps, je revenais voir où on en était. A 14h, environ 9000 personnes étaient passées. Il en restait donc plus de 13 000. C'était mal parti.

Et puis à 15h, l'un des deux sites a soudain annoncé :
"Désolé, nous avons désormais épuisé tous nos billets. Les prochains seront mis en vente cet été, pour l'automne 2018. Bonne chance !"
Mon dernier espoir s'est évanoui, et j'ai écrit à mes amies que c'était fichu pour cette fois. Elles étaient aussi déçues que moi. Je me suis promis que la fois suivante, je me connecterais avec tous les ordinateurs et toutes les tablettes et même tous les smartphones à ma disposition, quitte à en emprunter quelques-uns.

A 15h30, l'autre site n'affichait pas encore complet, mais un nouvel encart était apparu :
"Il ne reste désormais presque plus de places, surtout en fin de semaine."
Manque de pot, mes amies ne sont pas traductrices, donc prendre des places pour le mercredi ou le jeudi était hors de question.
De toute façon, il y avait encore environ 6000 personnes devant moi.

Avec un soupir, je suis allée me préparer pour mon rendez-vous professionnel, celui que j'aurais dû avoir à 10h et que j'avais fait déplacer dans l'après-midi. J'ai mis une chemise pas trop déchirée, un pantalon presque sans taches, et je me suis assise à mon bureau pour lacer mes chaussures. Il n'y avait plus que 581 personnes devant moi. Ça descendait beaucoup plus vite ; j'en ai conclu qu'il n'y avait vraiment quasiment plus de places de libres, et que les gens renonçaient donc les uns après les autres.

Et puis, juste au moment où j'allais me lever, le petit bonhomme qui marchait sur mon écran depuis midi pile a brusquement disparu, et je me suis retrouvée sur le site d'achat.

ET IL RESTAIT DES PLACES !
Pas beaucoup. Pas le vendredi, ni le samedi. Pas à l’Ascension, ni à la Pentecôte. Pas en mai. Pas dans la meilleure catégorie. Pas quatre places ensemble (une de mes amies aurait voulu emmener sa fille). Mais il restait des places !

J'avais un quart d'heure pour conclure la transaction. J'ai dû m'y reprendre à dix fois, dans une fébrilité grandissante, parce que le système me disait à chaque fois "oups, désolé, les derniers billets pour ce jour-là viennent d'être vendus". Mais à la fin, j'ai réussi !

Franchement, je ne m'étais pas donné autant de mal pour obtenir des billets de théâtre depuis la fois où, alors que j'habitais à Londres, je m'étais levée à 4h du matin pour faire la queue trois heures afin d'avoir des places pour My Fair Lady qui était joué à l'Opéra. (Oui, ça en valait la peine : c'était extraordinaire).

Bref, tout ça pour dire que le dimanche 10 juin 2018, j'irai à Londres avec deux amies voir Harry Potter and the cursed child. Vous avez le droit d'être horriblement jaloux.

(Si ça se trouve, d'ici-là, la pièce sera arrivée en France...)

mardi 25 avril 2017

Fête d'anniversaire des Things

Je n'aime pas trop les fêtes d'anniversaire. Celles de mes enfants, je veux dire (parce que pour moi, vous pouvez en organiser autant que vous voulez, ça ne me dérange pas). Je sais qu'il y a des parents qui se délectent à préparer des jeux incroyables et des gâteaux mémorables, mais ce n'est pas vraiment mon cas. Cependant, je me plie à la tradition, bon an mal an, en suppliant toujours ma sœur de venir me donner un coup de main, ce qu'elle fait depuis plusieurs années (bénie soit-elle).

Samedi dernier, pour l'anniversaire des Things, ils avaient invités cinq copains à eux deux, selon le principe "sept ans - sept enfants" (sans compter le Filou) (Finalement, on a aussi gardé la petite sœur de l'une des invitées qui ne voulait pas partir, donc ils étaient neuf en tout). Encore traumatisée par notre mauvaise expérience d'il y a deux ans, ma sœur m'avait suggéré d'acheter une de ces chasses au trésor qu'on trouve sur Internet et qui permettent d'occuper les gamins pendant quelques temps. J'ai donc vaguement enquêté sur le site ChasseOtrésor. Les jeux n'étaient pas très chers (10 euros), mais finalement, en tant que blogueuse, j'en ai même eu un gratuitement (vous êtes jaloux, hein ?) (Ah non ?). J'ai choisi un peu au pif une histoire de magicien qui avait perdu ses pouvoirs et qui avait besoin d'une potion pour les récupérer : ça me semblait un concept facile à comprendre, et un thème suffisamment "mixte". Au moment de demander qu'on m'envoie le jeu, j'ai tout de même avoué en toute franchise que je n'y croyais pas trop et que je ne pensais pas que ça occuperait les enfants très longtemps.

Pourtant, en fin de compte, ça a plutôt bien marché. Il faut dire que nous avons amélioré le jeu en organisant une vraie chasse aux ingrédients, là où le jeu d'origine prévoyait uniquement de faire deviner aux enfants de deviner de quoi il s'agissait (en suivant des flèches, en retrouvant les éléments manquants d'une suite, en résolvant un labyrinthe, ce genre de choses) (impossible à faire faire par neuf gamins à la fois, soit dit en passant : il aurait fallu constituer des équipes). L’œuf de serpent nécessaire pour la potion, par exemple, est devenu une dizaine d’œufs de serpents colorés et rebondissants (oui, bon, des balles, quoi) qui avaient été pondus un peu partout dans le jardin : et hop, voilà les gamins qui passent quelques minutes à les chercher... De même, la bave de crapaud était dans un petit bocal au milieu de plusieurs autres contenant du pipi de chauve-souris ou du sang de scorpion : gros succès.
En dehors de notre génie indiscutable, la bonne idée du truc, c'était d'intercaler ces recherches d'ingrédients avec des jeux qui permettaient aux enfants de se défouler quelques minutes. Certes, le rapport entre ces activités et le reste de l'histoire était plus que ténu, mais à cet âge-là, les enfants s'en fichent. Et voilà comment ils se sont retrouvés, par exemple, à devoir avancer en ne posant les pieds que sur les deux feuilles de papier qui leur avaient été fournies. Un grand moment de rigolade. Surtout quand le vent s'en mêle.

Photo (c) Lilou
Quand les ingrédients ont été réunis, j'ai annoncé que j'allais faire bouillir la potion, j'ai remplacé ni vu ni connu les feuilles d'arbre par des herbes aromatiques et l'eau la bave de crapaud par du jus de pomme, et le magicien (ma sœur) a retrouvé ses pouvoirs. Pour remercier les enfants, il/elle leur a annoncé qu'une surprise les attendait dans l'endroit le plus chaud de la maison. Et dans le four, il y avait deux gâteaux (pas décorés, honte à moi), des bonbons, et même des pièces en chocolat (retrouvées à la cave une heure plus tôt, et presque pas périmées).

Avec tout ça, presque une heure était passée. Sur quoi il y a eu le goûter, les cadeaux, et puis les gamins ont joué tranquillement jusqu'à ce que les parents reviennent. Ma sœur et moi en avons conclus que nous ne nous étions jamais aussi bien débrouillées. Les Things, eux, ont annoncé que c'était "le meilleur anniversaire de leur vie" (le fait que les cadeaux aient été plus réussis que les autres années n'y était sans doute pas pour rien).

Bref, c'est fini pour cette année. Ouf !