jeudi 21 novembre 2013

Thermomètre infrarouge

Depuis mardi, le Filou a une otite, une bronchiolite, et à mon avis également une angine, car il ne mange plus rien. Oui, ça faisait longtemps ; par rapport à l'automne-hiver-printemps dernier, c'est même franchement miraculeux que je n'aie pas eu à ressortir le thermomètre pendant plus de deux mois après la rentrée. Justement, le thermomètre. Contrairement aux autres, qui se laissaient plus ou moins faire – pas de gaîté de coeur, mais avec résignation –, le Filou ne supporte pas la prise de température rectale. Et il faut avouer qu'au milieu de la nuit, quand il fait quinze degrés dans la maison, déshabiller un pauvre bébé mal en point et lui ôter sa couche semble bien cruel. Même de jour, d'ailleurs, il n'est guère agréable de lui faire subir ça plusieurs fois de suite pour vérifier si oui ou non, le doliprane fait de l'effet (la réponse est bof).

Hier, je décide donc de me moderniser et d'acheter un nouveau thermomètre. Il était temps, au quatrième enfant. L'assistante maternelle m'ayant vanté les mérites de son thermomètre infrarouge, je débourse cinquante euros pour rapporter chez moi ce magnifique engin. Il faut avouer que c'est rigolo comme tout. D'abord, il mesure non seulement la température du corps, mais aussi celle des liquides (plus besoin de plonger le coude dans le bain pour voir s'il est trop chaud) et même de la pièce (ah, bigre, 17,6°C ? Je me disais aussi que j'avais froid...). Et puis il parle. En trois langues, s'il vous plaît. "La température de la pièce est de dix-huit virgule deux degrés celcius" (j'ai monté le thermostat, entre-temps), en français, en anglais, ou en espagnol. C'est rigolo. Il peut aussi se taire, par bonheur. Pratique, on peut prendre la température d'un gamin qui dort sans même le toucher, sans faire le moindre bruit ! OK, je n'aurais jamais l'idée d'aller voir un môme qui ne pleure pas en pleine nuit pour voir s'il n'est pas brûlant de fièvre, mais si je voulais, je pourrais le faire. Sympa !

Allez, je teste sur le bambin. Malgré son état de serpillière, ça semble l'amuser, que je vise sa tempe avec mon drôle de pistolet. Un bon point, donc. 38,3°C. C'est tout ? Tiens, j'aurais cru davantage. On recommence. Après avoir attendu une minute : la notice insiste bien là-dessus. 38,9°C. Ah, tiens, ça augmente. Peut-être que je me suis rapprochée ? Nouveau test. 39,5°C. Ça correspond à peu près à ce que j'aurais dit grâce à la bonne vieille méthode du bisou sur la tempe (bien plus fiable que la main sur le front : je devine généralement le résultat à un degré près). Mais pourquoi est-ce que ça monte comme ça ? Une minute plus tard, rebelote. 40,3°C. Carrément ? Il risque de convulser, non ? Sauf que c'est bizarre, ce résultat qui change tout le temps. Une dernière tentative. 41,3°C !

A ce stade, j'ai ressorti le bon vieux thermomètre rectal, immobilisé le gamin hurlant, et constaté qu'il avait 39,7°C. C'est dommage que je n'aie pas continué avec l'autre, j'aurais peut-être découvert que le petiot dépassait les 42°C, en fin de compte ?

Un peu perplexe, je me suis dit que quelque chose avait dû détraquer l'engin. Pourquoi est-ce que celui de mon assistante maternelle donnerait toujours un résultat exact à 0,2° près, et pas le mien ? Peut-être étais-je trop près d'un radiateur, ou peut-être n'avais-je pas réussi à garder toujours la même distance, ou peut-être n'était-il fiable qu'au bout de quelques heures de fonctionnement. J'ai donc laissé l'engin se reposer, et je l'ai ressorti en fin d'après-midi, après avoir ramené les Things de l'école. J'ai fait un nouveau test sur eux et moi : plus facile que sur un bébé pleurnichard.

Miss Thing One avait une température normale, 37,5°C.
Mr Thing Two était en hypothermie : 36,2°C. En pleine forme, à part ça, et remuant comme un tonneau de singes, comme d'habitude.
Quant à moi, je ne m'étais pas du tout rendu compte que j'étais malade moi-même : 38,6°C.

Aujourd'hui, je suis allée échanger mon magnifique pistolet à infrarouge contre un thermomètre auriculaire, comme celui qu'on vous fourre dans l'oreille dix fois par jour dans les hôpitaux, y compris à la maternité, à six heures du matin, juste au moment où le nouveau-né s'endort enfin après sa quatrième tétée de la nuit. Il paraît que ça n'est pas très précis, surtout pour les petits enfants qui ont tendance à avoir des bouchons de cérumen dans les oreilles, mais d'après ce que j'ai pu constater à plusieurs reprises aujourd'hui, ça fonctionne tout de même nettement mieux que l'autre machin à infrarouge.
Le seul problème, c'est que le Filou se débat avec autant d'énergie que lors des prises de température rectale. Il déteste qu'on lui mette un truc dans l'oreille, je l'ai déjà constaté les rares fois où j'essaie de le récurer avec un coton-tige. Chaque nouvelle prise de température est une bataille (et bien sûr que je fais ça du côté où il n'a pas d'otite, je ne suis pas idiote). Pour un résultat fiable à un degré près, dit la notice. A peu près aussi difficile que le thermomètre dans les fesses, donc, et à peu près aussi précis que le bisou-sur-la-tempe.

Je ne suis pas certaine d'avoir fait une affaire.

3 commentaires:

  1. Misère... Des amis se sont fait avoir avec le thermomètre frontal il n'y a pas longtemps, pas tout à fait aussi fantaisiste que ton pistolet, mais pas loin.
    Bon courage pour les diverses infections.
    Ah, et ton dernier degré est prêt (mais à quoi ?)

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  2. Hu hu ! Très jolie manière de signaler une faute d'orthographe. Je corrige !
    Ce qui est bizarre, c'est que celui de l'ass mat fonctionne très bien. Question de marque, peut-être ? J'en suis à me demander si cet exemplaire n'était pas défectueux.
    En tous cas, je suis plutôt contente du thermomètre auriculaire, en fin de compte. Le Filou commence à s'y habituer, et c'est nettement plus rapide qu'un thermomètre rectal (et au téléphone avec SOS médecin, ça fait plus sérieux que "il a environ 38,5°C, j'ai mesuré en lui faisant un bisou").

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  3. Ici un peu comme toi j'ai fini par acheter sur les bons conseils d'une amie un thermometre auriculaire. j'ai pris une marque distributeur. Je crois que je vais aller le rendre et garder ma bonne vieille méthode. Car le thermomêtre auriculaire m'indique une température de 37 et des quand mon gamin à 39 donc... bof!
    Dommage car PetitF déteste qu'on le déshabille donc prendre sa température revient à un combat de catch...

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