samedi 11 novembre 2017

Une astuce pour le prix de cinquante

Celui-là, c'est une pépite. Quand j'ai vu ça chez un marchand de journaux, j'en suis restée baba. Bon sang, CINQUANTE conseils pour être "au naturel" !

Comme je suis sympa, je vais vous faire économiser temps et argent et vous donner mon conseil à moi :

- Lavez-vous visage, cheveux et corps chaque matin (ou tous les deux ou trois jours pour les cheveux) avec un shampoing-douche ou un savon en pain ;
- C'est tout.

Vous verrez, on ne fait pas plus efficace.

(Si quelqu'un voit passer ce numéro chez son dentiste, je serais curieuse de connaître quelques-uns des cinquante conseils, quand même.)

jeudi 9 novembre 2017

Résumé rapide des vacances

Presque deux semaines sans bloguer, ça ne m'était jamais arrivé, même à l'époque de la naissance du Filou. En fait, pour tout vous dire, je suis en période de bouleversements familiaux – jolie formule passe-partout qui vous permet d'imaginer ce que vous voudrez en attendant que les choses se soient un peu stabilisées et que je puisse en parler. D'ici-là, je ne veux pas en parler, justement, en tous cas pas sur ce blog, mais j'ai un peu de mal à faire comme si de rien n'était et à parler d'autre chose, ce qui explique mon rythme de publication très ralenti depuis la rentrée. Je vais essayer de m'y remettre, peut-être avec des billets plus fréquents mais très courts. On verra.
(Que cet avertissement crypté ne vous inquiète pas, cependant : la situation est compliquée, mais je vais bien.)

A part ça, il y a aussi eu les vacances scolaires, qui sont la malédiction des parents qui travaillent à domicile. Parce que financièrement, je ne peux pas me permettre de prendre 17 semaines de vacances par an comme mes chères têtes blondes et brunes, et je ne peux pas non plus me permettre de mettre les trois petits au centre de loisirs dans cette commune qui ne pratique pas du tout un tarif dégressif. Donc les vacances, c'est la quadrature du cercle, les périodes où j'essaie d'être parent/animatrice à temps plein ET de travailler aussi à temps plein. Spoiler : je n'y arrive pas. Même en rognant sur les heures de sommeil.

Malgré tout, je suis contente de ces vacances. Parce qu'à défaut de bloguer et de dormir, après mon retour d'Italie, j'ai fait plein de choses la deuxième semaine. Parfois même en tête-à-tête. Je suis allée au cinéma et à la crêperie toute seule avec Miss Thing One. Je suis allée traquer les œuvres de Niki de Saint Phalle à Beaubourg avec Mr Thing Two. Je suis allée voir Douze hommes en colère au théâtre avec le Grand. (Non, rien avec le Filou, qui n'a pas songé à protester. Sans doute se rend-il compte qu'il n'a pas vraiment la plus mauvaise place dans la fratrie et qu'il ne peut guère se plaindre, dirait ma mère.)

Tous ensemble, nous avons aussi fait un tour à l'Aquarium (la baaaaarbe) (déjà que les zoos me gonflent, mais alors les poissons...), et puis nous sommes montées sur les tours de Notre-Dame et descendus dans sa crypte (mais oui, en passant par l'église au milieu !), et nous sommes allés à Cluny admirer les licornes et les "croix de Jésus" (dixit le Filou, qui était super content de me les signaler avec enthousiasme à chaque fois qu'il en voyait une) (dans un musée consacré au Moyen-Âge, il a pu s'en donner à cœur joie), et nous avons fait du vélo dans la forêt, et nous avons arpenté les ex-voies sur berge en révisant pour la énième fois les monuments de Paris, qu'ils commencent à bien connaître (j'ai failli tuer le Grand qui avait hasardé "Le Louvre" en face de la Conciergerie, mais en fait il se fichait de moi, donc il s'en est tiré avec une paire de claques) (virtuelles).

Centre Georges Pompidou (Beaubourg)

Du haut de Notre-Dame.
(J'étais tellement occupée que j'ai pris très peu de photos, en fait)

Et il y a même eu une soirée surprise, le 31 octobre, quand à 17h30, Mr Thing Two a protesté :
— Pourquoi les autres ils fêtent Halloween et pas nous ?
— Parce que ce n'est pas dans nos traditions, mon poussin. Quand j'étais petite, personne ne connaissait Halloween, en France.
Après une dispute brève mais violente avec Darling qui contestait ce point alors qu'il n'a pas grandi en France, la discussion a continué :
— Oui mais quand même, on pourrait se déguiser et aller demander des bonbons !
— Il est hors de question que je vous laisse sortir ennuyer les voisins. Je suis désolée, mais c'est non.
— Alors on pourrait pas le fêter quand même, sans sortir ?

— Euh... Hum... ça te ferait vraiment plaisir ?
— Oh oui, oh oui !
— Oui, oui, oui, oui, oui, oui ! interviennent Miss Thing One, le Filou et le Grand (je crois que ça voulait dire qu'ils étaient d'accord).
— Bon, alors on pourrait décorer la maison avec les moyens du bord, se déguiser tous, même les parents, et faire un repas spécial Halloween ? Ça vous dirait ?
— OUAIIIIIIS !!!!
Et voilà comment je me suis retrouvée à décorer des légumes et découper des sacs poubelles pendant les trois heures qui ont suivi. Je mérite une médaille.

Toujours avoir quelques courges en stock en cas d'urgence.

Elle est pas belle, ma toile d'araignée ?
(Même nos vraies araignées domestiques étaient impressionnées)



J'ai bien cru que j'avais trop bien réussi mon coup
et que personne n'allait manger les œufs-yeux et les saucisses-doigts.

(Par contre, pour le cheesecake et les meringues,
même avec des vraies araignées, ce serait parti)

Et pendant ce temps-là, tous les éditeurs avec qui je travaille, de retour de la Foire de Francfort, m'ont envoyé des trucs à lire (avec peu de doublons, ce qui est bien dommage), et j'ai dû continuer ma traduction, ce qui a impliqué de faire des longues recherches sur un astronome russe du XIXe siècle, sur la technique des trains à sustentation magnétique, et sur les mines de pierres précieuses du Tadjikistan. Si, je vous jure. (Mais oui, c'est un vrai pays) (contrairement à la Moldavie, qui est une invention du Grand).

Je vous laisse, j'ai un chapitre à terminer, et ensuite un rendez-vous avec un éditeur, et après un appart à visiter, avant de faire les devoirs et préparer le dîner. Mais j'essaie de revenir bientôt. Promis.

samedi 28 octobre 2017

Premier homme

De passage chez ma mère où je suis venue récupérer les garçons (au point G, donc, pour ceux qui suivent) (les autres, laissez tomber), nous écoutons dans la voiture une chanson d'Alain Schneider, Gagarine.
— Mais en fait, c'était qui, Gagarine ? demande Mr Thing Two.
— C'est le premier homme qui est allé dans l'espace, répond ma mère.
Mr Thing Two acquiesce, puis corrige :
— C'est pas "le premier Rom", c'est "le premier Romain".

jeudi 26 octobre 2017

Rencontre onirique

— Allez, bonne nuit! m'avait dit Darling au téléphone, hier soir. Je te laisse rêver que tu es avec un bel acteur, de ton choix!
Sauf qu'en fait, j'ai rêvé que je rencontrais JK Rowling et qu'on parlait littérature et poids des mots. (Quand je me suis réveillée, j'étais encore en train de lui expliquer à quel point j'aurais aimé que Les animaux fantastiques soient un excellent roman plutôt qu'un assez bon film.)
Et vous savez quoi, je n'ai vraiment pas été déçue.

mercredi 25 octobre 2017

Train-train

Sur le papier, c'était très simple : je devais aller en train d'un point P à un point T en passant par le point G (honni soit qui mal y pense) où habite ma mère. Ma mère ayant proposé de prendre Mr Thing Two et le Filou pendant quelques jours, j'en ai facilement conclu que je pouvais prendre le train au point P avec les garçons, les déposer à la gare G, et continuer mon chemin avec le même train jusqu'à la gare T.
Sauf que.
Sauf que le TGV était composé de deux rames qui ne restaient collées que jusqu'à G. Ensuite, une seule des deux rames continuait jusqu'à T.
Et alors ?
Et alors seuls les voyageurs qui allaient de P à T avaient le droit d'aller dans la deuxième rame. Si on voulait descendre à G, il fallait obligatoirement monter dans la première.
Autrement dit, je pouvais prendre la deuxième rame, mais pas les garçons.
J'ai donc été obligée de prendre des billets pour nous trois dans la première rame, puis un billet pour moi seule dans la deuxième. En payant plus cher au passage, bien sûr, parce que pour la SNCF, PG + GT n'est pas égal à PT.
J'avais donc exactement cinq minutes à G pour descendre du train avec les deux garçons et deux valises, laisser les garçons avec ma mère, et remonter dans la rame suivante.
C'était jouable.
Sauf que (bis).
Sauf que, forcément, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans le wagon numéro 18. Le dernier. Le plus loin de la deuxième rame, donc.
Bien, bien, bien. Pas grave. Une demi-heure avant l'arrivée à G, j'ai fait remettre chaussures et manteaux et sacs à dos à Mr Thing Two et au Filou, et j'ai remonté toute la rame avec eux jusqu'à la première voiture, la 11. Puis j'ai fait en sorte qu'ils se tiennent tranquilles en leur lisant Les contes de la rue Broca.
Tout allait très bien, donc. La gare de G approchait : nous devions arriver dans trois minutes. Ma mère m'avait envoyé un texto, elle était déjà sur le quai en face du wagon 11.

Et c'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que j'avais oublié mon manteau dans le wagon numéro 18.

(A votre avis, peut-on traverser tout un TGV d'un bout à l'autre, aller-retour, dans des couloirs encombrés de gens déjà debout avec leurs valises, en moins de trois minutes ?)

mardi 24 octobre 2017

Cappuccino d'Halloween

Déjà qu'ils sont bons, mais si en plus ils sont aussi beaux, je ne vais plus vouloir partir...

vendredi 20 octobre 2017

Harcèlement sexuel

Parce que, depuis une semaine, chaque fois que je pense à nourrir mon blog, je suis bloquée parce que la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est ÇA, j'ai décidé de me lancer. Même si je parle rarement d'actualité ici et que je préfère que ce blog parle de choses futiles ou positives. Même si j'ai très peur de ce qui pourrait être dit dans les commentaires et des histoires que certaines pourraient raconter. Même si c'est sans doute une mauvaise idée de parler de choses intimes sur la place publique, fût-ce sous couvert d'anonymat.

Je n'ai jamais été victime de harcèlement sexuel au travail. Ce qui ne doit pas beaucoup vous étonner, vu que je travaille toute seule à la maison. Mais même avant, je suis passée successivement par une librairie londonienne (où il n'y avait que des femmes et un seul homme, si charmant que je l'ai ramené dans mes bagages quand je suis rentrée en France), une agence littéraire (où il n'y avait que des femmes, dont la patronne folle qui harcelait tout le monde, mais pas sexuellement), et une maison d'édition (avec nettement plus de femmes que d'hommes, et où tous les hommes, en particulier le patron et le chef de fabrication, étaient extrêmement respectueux). Zéro problème.

Mais.
Quand j'étais enfant et ado, j'étais précoce physiquement. Dans le sens où j'étais la plus grande de la classe, et où ma poitrine a commencé à pousser vers 8-9 ans.
Et j'étais très jolie.
Et à partir de mon entrée en sixième, à onze ans, j'ai pris le métro tous les jours.
Oui, voilà. Vous avez compris. Vous avez vu passer, il y a quelques mois, le sondage sur le harcèlement sexuel dans le métro ? Le pourcentage des femmes qui ont été victimes de harcèlement ou d'attouchements dans les transports en commun ?
100%.
Donc plusieurs fois chacune, forcément.
Et bien sûr, il n'y avait pas que le métro. Il y avait la rue, aussi. Et le collège.

Je ne vais pas faire la liste complète de tous ceux qui m'ont agressée verbalement ou tripotée. Il y en a trop. Ces salopards ont probablement oublié l'incident deux jours plus tard. Je m'en souviens encore, trente ans après. Quelques "incidents" m'ont particulièrement marquée.
- La fois où, jeune ado, j'ai croisé deux hommes qui m'ont touché les seins en passant, et où l'homme qui m'accompagnait m'a lancé : "Mais aussi, pourquoi tu te promènes avec ton manteau ouvert ?" (Je vous jure qu'il a dit ça. En dessous, j'avais un pull à col roulé. Je n'en veux pas du tout à cet homme, qui était sans doute furieux contre lui-même de ne rien avoir pu faire et qui ne savait pas comment exprimer sa colère. Mais oui, il m'a reproché de ne pas avoir fermé mon manteau.)
- La fois où, alors que j'avais environ 15 ans, dans un métro horriblement bondé, un homme devant moi a coincé sa main entre mes jambes, et un autre derrière moi s'est frotté à mes fesses en haletant. Ils ne se connaissaient pas. Ils n'ont pas vu qu'ils étaient à deux sur la même victime. C'était une coïncidence.
- La fois où un homme s'est assis juste en face de moi dans un métro vide, et a serré ma jambe entre les siennes, alors que ma mère était juste à côté (sans rien remarquer : nous avions des manteaux et des sacs). Je devais avoir dix ou onze ans. Si. Je n'ai même pas compris pourquoi il faisait ça. Manquait-il de place ? Je n'ai rien dit, pour ne pas être malpolie, mais j'étais très mal à l'aise.
- La fois où deux garçons de troisième, alors que j'étais en sixième, m'ont pourchassée dans la cour, m'ont coincée contre un mur, et m'ont brièvement tripotée, sous les yeux de tous mes camarades de classe qui riaient.
Et tous les jours, tous les jours, TOUS les jours, des regards très appuyés ou des réflexions, allant du "Eh, mignonne !" au "En voilà une belle jument". C'est à l'époque que j'ai appris à marcher très vite et à ne croiser en aucun cas le regard des autres passants (au point qu'il m'est arrivé de rencontrer ma mère dans la rue sans la voir).

Voilà. A 10 ans, j'étais une gamine à peu près heureuse et insouciante. A 18 ans, j'étais dépressive. J'ai dû voir un psy pendant plusieurs années pour remonter la pente.

Et puis, vers 16 ans, j'ai eu un petit copain. Très travaillé par ses hormones. Et qui, au début de notre relation, n'a pas su ou voulu comprendre que non, ce n'était pas normal que je sois tétanisée ainsi.
Et mon corps a dit ce que ma bouche n'osait pas dire.
Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale désirée (...). Sa source est toujours psychologique, mais découle souvent d'une source physiologique. Une tentative de pénétration en dépit d'un vaginisme peut entraîner de graves douleurs qui vont souvent l'exacerber (...).
Le vaginisme secondaire survient en général après un traumatisme, physique ou psychique (mauvaise expérience), de toute nature. On parle alors plutôt de « dyspareunies », c'est-à-dire de douleurs vaginales lors des relations sexuelles. Les dyspareunies ne sont pas des maladies en soi, plutôt des symptômes dont il faut chercher la cause.  (Source : Wikipedia)
Pendant plusieurs années. Ma gynéco s'arrachait les cheveux. Il lui fallait une demi-heure pour réussir à m'examiner.
Ça n'a pas arrêté mon petit copain. Il aurait préféré que je n'aie pas mal, bien sûr, mais il pensait que c'était juste un problème physique, et qu'il fallait faire avec. Ce qu'il faisait. Toujours. Même quand je disais "pas ce soir".
Je ne lui en veux pas (et je ne veux aucun commentaire négatif sur lui, s'il vous plaît). Il ne savait pas. Pas plus que moi. Je croyais que c'était normal d'avoir peur et mal. Je croyais que c'était normal qu'il insiste jusqu'à ce que je cède. Je ne savais même pas qu'on pouvait avoir du désir avant d'avoir eu du plaisir. Je ne savais pas que je pouvais avoir du plaisir, d'ailleurs. Comme tant de jeunes filles, j'ignorais qu'il y avait un organe féminin consacré à ça.

Je vais m'arrêter là. Aujourd'hui, je n'ai (presque) plus peur. Aujourd'hui, je sais que les agressions sexuelles sont punis par la loi. Aujourd'hui, j'ai un garçon de 15 ans qui a parfaitement intégré la notion de consentement, et une fille de 7 ans dont je vous jure qu'elle n'ira pas au collège en métro, dussé-je la conduire en vélo tous les jours, parce qu'à 12 ou 14 ans, même si on sait qu'on a la loi pour soi (ce que j'ignorais), on n'ose absolument pas s'en prendre à un homme de 20 ou 30 ans. Aujourd'hui, en cas d'attouchements, je saurais me défendre. Aujourd'hui, de toute façon, j'ai des cheveux gris, donc quand je passe devant un groupe d'adolescents sur le trottoir, ils ne me regardent même pas. Mais aujourd'hui encore, j'ai toujours le réflexe de fermer mon manteau, de baisser les yeux, et de presser le pas. Et même si je vais beaucoup mieux, je sais que ces milliers de blessures grandes ou petites subies pendant mon adolescence m'ont à jamais traumatisée, et que je ne m'en remettrai jamais complètement.