mardi 27 septembre 2016

Réunion au collège

Réunion parent-professeurs au collège. J'arrive dans le hall, et je me plante devant le tableau qui indique le numéro des salles où se tiendront les réunions, en fonction des classes. Une autre mère est plantée à mes côtés, l'air à peu près aussi perplexe que moi.
— Je ne sais plus dans quelle troisième il est, dis-je, penaude.
— Moi non plus ! avoue-t-elle. A, B ou C ?
Ça fait plaisir de savoir qu'il y a des parents tout aussi indignes que moi.

Nous nous adressons à un prof. Heureusement, le collège est petit, et les profs connaissent presque tous les élèves. Il est en train de nous renseigner quand un père arrive.
— Vous non plus, vous ne savez pas dans quelle classe est votre enfant ? demande le prof, ironique.
— Non... Enfin, si : il est en cinquième, je crois. Ou en quatrième ?
Ça fait plaisir de savoir qu'il y a des parents encore plus indignes que moi.


En bonus, quelques extraits de la réunion :
— Il faudra qu'ils profitent des opportunités... dit la conseillère d'orientation.
— Les nouveaux programmes scolaires n'ont pas trop impacté les troisièmes... dit le prof de français.
— Bon, je m'arrête là, désolée, je n'ai pas de punchline pour ma présentation... dit la prof d'allemand.
— On reviendra plusieurs fois sur les mêmes notions dans l'année : par exemple, d'abord les fonctions, et le step d'après, ce sera les fonctions affines... dit le prof de maths.

Heureusement, la prof d'anglais était absente. Quoique, selon toute probabilité, elle aurait utilisé moins d'anglicismes que les autres, non ?


(A part ça, j'ai un séjour londonien à vous raconter, mais aujourd'hui le temps m'a manqué !)


dimanche 25 septembre 2016

Extraits de voyage

J'ai vu un supermarché avec un rayonnage entier consacré au thé;
J'ai vu un gardien de musée demander à une touriste d'ôter son sac aussi aimablement que s'il parlait à la reine d'Angleterre ;
J'ai vu un restaurant proposer des escargots à la bourguignonne au pastis ;
J'ai vu deux comédies musicales en deux jours ;
J'ai vu deux renards se battre au milieu des voitures ;
J'ai vu de très vieux bâtiments entourés de gratte-ciels ;
J'ai vu une bonne dizaine de personnes avec des cheveux verts ou bleus...

Où suis-je ?

(Un récit plus détaillé demain ou après-demain, quand j'aurai retrouvé ma connexion !)

mercredi 21 septembre 2016

Le Grand chante la Marseillaise

La prof de musique du Grand a ordonné à tous les élèves d'apprendre la Marseillaise pour la chanter devant la classe.
Passons sur mes sentiments à l'égard de cette charmante et pacifique chanson, et passons sur ce que je pense du fait d'obliger des gamins de 14 ans à chanter devant tout le monde : ce n'est pas le sujet.

Je la chante plusieurs fois, et puis je demande au Grand d'essayer. Bravement, quoique presque à voix basse, il se lance :
Allons enfants de la patriii-i-eu,
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyranniii-eu
L'étendoir sanglant est levé...

(Moi je dis, un étendoir sanglant, c'est pas pratique : ça va faire des taches partout sur le linge propre !)

mardi 20 septembre 2016

Miction surprise

Mr Thing Two sort de la douche. Je l'essuie, et j'entreprends de mouiller Miss Thing One, pendant que le Filou se déshabille (je fais ça à la chaîne, les trois douches me prennent moins de temps qu'il n'en faut au Grand pour entrer dans la baignoire).
Tout à coup, Mr Thing Two m'appelle d'une voix stridente :
— Maman ! Maman !
Je lâche la gamine qui est en train de se savonner toute seule, et je me précipite sur le palier :
— Quoi ?
— Je fais pipi !
Et en effet, il est assis par terre, cul nul, et arrose copieusement le plancher. Je bégaie :
— Mais... mais... qu'est-ce qui te prend ?
— J'ai pas pu me retenir !
Et tout en parlant, il continue, en prenant même soin de ne pas viser ses pieds. Je braille :
— Mais enfin, arrête !
— On peut pas s'arrêter quand on a commencé, objecte-t-il.
— Mais si, bien sûr que si, on peut !
— Ah bon ?
Sauf que le temps de terminer cette conversation, sa vessie s'est entièrement vidée, donc il n'a pas pu faire l'essai. Il s'est relevé, m'a lancé "J'ai pas fait exprès", et m'a laissée là, estomaquée devant la flaque.

Voyons le bon côté des choses : le gamin a appris quelque chose aujourd'hui, et moi, j'ai fait rire toute la famille en racontant l'anecdote pendant le dîner.

lundi 19 septembre 2016

Une fiche de lecture urgente

Vendredi, email :
Fofo, j'ai besoin d'un avis rapide sur les deux premiers volumes d'une série. C'est assez urgent : idéalement, il me faudrait une fiche en début de semaine. Êtes-vous disponible ?

J'accepte presque toujours les lectures urgentes, mais ce weekend, j'avais un ami à la maison. Néanmoins, j'accepte : je lis bravement quelques dizaines de pages le vendredi soir, puis samedi soir, et je termine le deuxième volume dimanche soir, à minuit passé. C'est une petite série charmante, mais assez désuète : je ne vois pas vraiment pourquoi les éditeurs se l'arracheraient.

Lundi matin, je commence à rédiger ma fiche de lecture, et comme d'habitude, je fais des recherches pour voir qui est l'auteur, si cette série est déjà parue dans un autre pays, etc.
C'est ainsi que je découvre la date de première publication.
1973.
Le premier volume de cette série a donc 43 ans.
Et moi, j'ai eu trois jours, dont un weekend, pour faire la fiche.
(Soupir)


(J'entends d'ici les petits malins qui me disent : "Il doit y avoir une adaptation en préparation, voilà pourquoi les éditeurs français s'intéressent brusquement de nouveau à ce bouquin !" C'est aussi ce que j'ai pensé, et ce n'était pas faux : il y a bien une adaptation, sous forme de dessin animé, qui est sortie... en mars dernier. Oui, il y a six mois. Urgent, on disait ?)

dimanche 18 septembre 2016

Du danger de fréquenter de grands lecteurs

Recevoir un ami pour le weekend.
Passer nos soirées à bavarder.
Commencer par se plaindre du peu de temps disponible.
Enchaîner sur la hauteur catastrophique de nos PAL* physiques et virtuelles.
Sortir les liseuses pour comparer.
Parler des derniers romans lus.
Faire ensemble des recherches sur ce qu'a pu écrire de nouveau tel et tel auteur dont on avait aimé tel ou tel livre.
Se donner l'un à l'autre plein de bonnes idées de lecture.
Se quitter en ayant chacun ajouté au moins cinq ou six titres dans la PAL de l'autre.

Franchement, était-ce bien raisonnable ?
(Réponse : non, mais c'était si agréable...)


*Pile à lire.


jeudi 15 septembre 2016

Pollyanneries

Le Filou est malade depuis dimanche soir. Cela fait quatre jours que je dors entre quatre et cinq heures par nuit et que je peux à peine travailler. Le manque de sommeil me mine, je me gave de sucreries pour tenir le coup, j'ai toute une liste de paperasseries et de démarches casse-pied dont il faut que je m'occupe urgemment, et j'ai traduit exactement neuf pages en quatre jours (à ce rythme, il me faudrait donc huit mois pour terminer ma traduction en cours). Autant dire que je ne suis pas d'humeur très joyeuse.

Alors une petite liste de pollyanneries, d'accord ?

- Je suis contente parce que mon planning n'est pas trop serré, donc s'il ne se prolonge pas, ce retard de quelques jours est rattrapable ;
- Je suis contente parce qu'on vient de me proposer la traduction d'un roman pour les enfants qui parle à la fois de féminisme et de vélos (je vais essayer d'y glisser quelques recettes de gâteaux, et ce sera parfait) ;
- Je suis contente parce que mon père adoptif se remet peu à peu d'un accident qu'il a eu cet été, et qu'il a pu passer la journée avec nous hier ;
- Je suis contente parce que Miss Thing One a commencé hier avec enthousiasme à prendre des cours de danse qui lui a plu (c'est elle qui a choisi), et qu'elle va donc enfin avoir une activité bien à elle, partagée par aucun de ses frères ;
- Je suis contente parce que l'instit des jumeaux, à ma demande, a changé cette même Miss Thing One de place (elle n'avait rien trouvé de mieux que se mettre toute seule à un banc, juste derrière son frère), et que du coup, elle est revenue aujourd'hui en me disant qu'elle était devenue copine avec sa nouvelle voisine de banc ;
- Je suis contente parce que depuis quelque temps, mon pain est particulièrement bon (et pourtant, les ingrédients et ma manière de faire n'ont pas changé : c'est très mystérieux) ;
- Je suis contente parce que j'ai commandé des Lundia ;
- Je suis contente parce que contrairement à ce que je craignais, le Grand ne semble pas trop souffrir d'être dans une classe où il n'a pas un seul copain (de toute façon, je continue à espérer qu'il s'en fera) ;
- Je suis contente parce que l'un de mes amis va arriver demain soir et passer le weekend chez nous ;
- Je suis contente parce que je viens de découvrir le programme de la prochaine opération Nuit Blanche, et qu'il me plaît beaucoup ;
- Je suis contente parce qu'un nouveau magasin bio avec un rayon vrac vient d'ouvrir pas loin de chez moi ;
- Je suis contente parce que mon compte en banque est moins dégarni que l'année dernière à la même époque (cela dit, il se vide terriblement vite) ;
- Je suis contente parce que l'ami bricoleur qui vient faire tout ce que Darling et moi sommes incapables de faire a enfin fixé la porte du placard sous l'évier dans ma cuisine, ce qui fait que les produits ménagers et les sacs poubelles ne sont plus la première chose que l'on voit en entrant dans la pièce ;
- Je suis contente parce que la maladie du Filou, même si elle me casse vraiment bien les pieds, n'est pas grave (à chaque fois que je râle parce qu'ils ont attrapé leur quarante-septième otite ou leur trente-huitième angine, je n'oublie jamais de remercier la providence de ne pas avoir un enfant diabétique, aveugle, paralysé, trisomique, hémophile, cancéreux, etc.) ;
- Et je suis très, très, très, très contente, parce que dans une semaine, je vais à Londres, sans enfant, avec une de mes meilleures amies.

PS : pour les nouveaux sur ce blog, Pollyanna, c'est elle, et maintenant que ce livre est enfin à nouveau disponible en français, vous n'avez aucune excuse pour ne pas le lire (ou du moins l'acheter et le garder sur votre PAL pour un jour de déprime).