lundi 23 janvier 2017

Amour familial

Miss Thing One dessine. Des motifs, des couleurs, des cœurs. A côté des coeurs, elle écrit, sans faute :
Je t'aime maman
Elle vient me montrer. Je l'embrasse. Elle est très fière d'elle. Elle repart, et revient deux minutes plus tard :
Je t'aime papa
Re-compliments. Elle retourne vers la table. Revient au bout de cinq minutes. Je lui signale que j'essaie de travailler, mais je prends tout de même le temps de regarder ce qu'elle a écrit. Sans surprise, il y a trois autres "je t'aime", un pour chacun de ses frères (même celui qu'elle a griffé il y a une heure).
Et puis tout à coup, je la vois qui fronce les sourcils. Je lui demande ce qui ne va pas. Et comme, chez elle, la colère est toujours à fleur de peau, elle a déjà des larmes dans la voix quand elle me dit :
— J'ai oublié quelqu'un, mais je sais pas qui ! Il y a que cinq phrases, et pourtant on est six dans la famille !

(Ça m'a fait rire, mais j'imagine que si on ne craignait pas de faire de la psychanalyse de Monoprix, on pourrait en tirer toutes sortes de conclusions dramatiques et s'apitoyer sur cette petite fille qui oublie de s'aimer elle-même...)

dimanche 22 janvier 2017

Pollyanneries

Vendredi, Darling a reçu un coup de fil inquiétant de la part d'un cousin, et quatre heures plus tard, il partait à l'étranger voir sa mère. Et donc, en plus de crouler sous le boulot, je suis actuellement mère célibataire de quatre enfants. Arg.

Alors, des pollyanneries, on disait ?

Je suis contente parce que visiblement, la mère de Darling ne va pas si mal que ça. Certes, il n'empêche qu'elle a plus de 80 ans, qu'elle ne pourra sans doute pas indéfiniment habiter seule, qu'elle n'est pas "transplantable" et que Darling est son fils unique, donc des moments difficiles sont à prévoir un jour ou l'autre. N'empêche, tant mieux si ce n'est pas pour tout de suite.

Je suis contente parce que même si je n'ai pas pu accompagner mon Grand voir Le marchand de Venise vendredi soir comme prévu, puisqu'il fallait que je reste avec les petits, il a trouvé un copain pour l'accompagner, et que ça leur a visiblement beaucoup plu. Je suis contente de lui transmettre ce virus du théâtre.

Je suis contente parce que ledit copain a accepté de venir nourrir le chat pendant les prochaines vacances (Darling et moi avons réalisé vendredi matin que nous avions omis de nous préoccuper de ce détail, et je me voyais déjà prendre le train avec, en plus des enfants et des nombreuses valises, un chat de 10kg dans une caisse énorme).

Je suis contente parce qu'un ami est venu passer le weekend chez moi, ce qui me fait toujours très plaisir, mais encore plus quand je suis la seule adulte à la maison.

Je suis contente parce que j'arrive coûte que coûte à m'en tenir à mon planning de traduction. Si tout va bien, j'aurai sué sang et eau, mais j'aurais terminé à temps. J'ai même prévu de finir 24h à l'avance, "okazou".

Je suis contente parce qu'une éditrice m'a écrit vendredi "C'est très appréciable de travailler avec quelqu'un d'aussi rigoureux et impliqué". Et, accessoirement, a accepté de revoir ma rémunération à la hausse, parce qu'on ne vit pas que de compliments et d'eau fraîche.

Je suis contente parce que non seulement je me suis habituée très vite à ne plus mettre de sucre dans mon thé, mais dans la foulée et sans aucun effort, j'ai arrêté de prendre des desserts à midi et le soir (sauf exception) et je ne prends plus que des petits-déjeuners salés. En revanche, je m'accroche à mon goûter à base de gâteaux faits maison et/ou de chocolat. Pas touche.

Je suis contente parce que cet après-midi, j'ai emmené la marmaille visiter le Museum d'histoire naturelle. Certes, tous ces os m'ennuient mortellement, mais les trois petits découvraient les squelettes pour la première fois et ont bien apprécié. Et puis ça nous a donné l'occasion de composer cette phrase mémorable, "Les zozos ont traversé les eaux pour aller voir les os près du zoo". Je sais, je suis une poétesse hors pair. (Et ensuite, nous avons pris le goûter à la Mosquée, et je me suis rendu compte que mes goûters habituels n'étaient pas si sucrés que ça, comparés au thé à la menthe et aux pâtisseries orientales...)

Je suis contente parce que dans deux semaines, je partirai en vacances avec les enfants, et je n'emporterai pas de travail (les fiches de lecture, ça ne compte pas, hein ?). Et je suis contente parce que je serai chez ma mère, et que j'adore ma mère (comme elle est psy, elle estime que c'est forcément mauvais signe, mais pour autant, elle ne fait pas grand-chose pour se faire détester.) Et je suis contente, mais vraiment très contente, parce que je vais skier.

vendredi 20 janvier 2017

Ballerina, et un après-midi avec Miss Thing One

Quelques mots tout de même sur dimanche dernier. Je vous l'avais dit, après la journée passée avec Mr Thing Two, j'avais promis d'en faire autant avec Miss Thing One, notamment en l'emmenant voir un film au cinéma, déjeuner dans une crêperie, et faire du vélo, trois activités que son jumeau n'apprécie pas beaucoup ou pas du tout.

Finalement, il a fallu revoir le programme à la baisse, notamment à cause de la fièvre qui s'est déclenchée chez la gamine pendant la nuit du samedi au dimanche et de la météo peu clémente. Mais elle n'était pas trop malade, donc nous avons pu sortir quelques heures. Après le déjeuner, nous sommes allées dans un cinéma proche de chez moi pour y voir Ballerina. Ensuite, nous avons pris le goûter dans un salon de thé dont j'avais vérifié qu'il servait ce dont elle rêvait, des crêpes au nutella – avec un thé Earl Grey, je vous prie. Enfin, nous sommes rentrées à pied, main dans la main, en faisant un petit détour pour emprunter un "passage secret" que nous ne connaissions ni l'une ni l'autre, et pour admirer les péniches éclairées dans la nuit.

Bien sûr, ce fut un après-midi formidable. Ma diablotine souvent grincheuse est devenue par miracle la plus mignonne des fillettes en se retrouvant en tête-à-tête avec sa maman. J'ai pu vraiment discuter avec elle, lui expliquer des choses sans que son jumeau comprenne avant elle, la laisser parler lentement sans que quelqu'un lui coupe la parole, l'interroger un peu sur ses copines et sur son futur spectacle de danse sans devoir l'interrompre pour gronder un touche-à-tout ou donner de l'eau à un assoiffé ou fermer le manteau d'un frileux. Une réussite sur toute la ligne, comme l'avait été le dimanche précédent avec son frère. Et puisque l'un comme l'autre ont reparlé maintes fois de cette sortie depuis, j'en conclus qu'ils ont vraiment apprécié. Je le referai ; promis, juré. Une fois par mois, si j'y arrive. Pour redécouvrir plus tranquillement ces deux-là, un peu sacrifiés sur l'autel – certes sympathique – de la gémellité et de la famille nombreuse...


Quelques mots sur Ballerina, pendant que j'y suis ? Pour commencer, mon ressenti : j'ai adoré. Mais vraiment ! Je me suis laissée prendre au jeu comme ça ne m'était pas arrivé avec un dessin animé depuis Raiponce. Et Miss Thing One était du même avis, à tel point que quand les lumières se sont rallumées, elle a protesté : "C'est déjà fini ?"

Plus objectivement, je vois des qualités et des défauts dans l'histoire de cette fillette qui rêve de devenir danseuse et qui s'échappe vers 1880 de son orphelinat pour aller à Paris avec son meilleur ami. Les défauts, d'abord :
- C'est bien entendu totalement et absolument irréaliste, le plus ahurissant étant le fait qu'une fois entrée à l'opéra, l'héroïne devient une danseuse hors pair en... une semaine (si, si) ;
- La "méchante" n'était pas indispensable, et la course-poursuite finale ressemble trop à un passage obligé et pas assez à une nécessité du scénario ;
- Les anachronismes abondent tant et plus, à commencer par les tenues (Félicie se balade le plus souvent... en short, et tête nue, bien sûr) et par le langage ("Il est trop beau !"). Je comprends qu'imiter le langage d'il y a 140 ans aurait posé des problèmes au jeune public, mais ne pouvait-on au moins gommer les expressions trop modernes ?

Mais ces légers défauts sont compensés par bien des qualités. La première étant que les personnages sont très réussis et même assez crédibles et nuancés pour la plupart, et que notre petite héroïne est terriblement attachante avec son acharnement et sa façon de mettre les pieds dans le plats. A part ça, les dessins sont superbes, l'histoire fonctionne bien (on veut vraiment qu'elle y arrive, nous aussi !), et j'ai aussi beaucoup apprécié que les scénaristes évident les écueils disneyens : pas d'animaux de compagnie, pas (trop) d'humour bête au détriment de l'histoire, pas l'ombre d'une princesse, et tenez-vous bien, Félicie ne retrouve pas miraculeusement sa mère à la fin et demeure obstinément "personne". Cela n'a l'air de rien, mais c'est courageux. Presque autant que le fait que Félicie soit physiquement plus grande que son ami. Je vous jure, ils ont osé. C'est fou, non ?


Bref, cette sortie cinéma, comme le reste de la sortie, s'est avérée être tout sauf une corvée, et j'en ai profité presque autant que ma fille. Malgré tout, je dois avouer que j'ai été assez estomaquée quand s'est assis à côté de moi, dans le cinéma presque plein, un monsieur d'une cinquantaine d'années, d'allure sportive, venu seul, sans le moindre bambin pour lui servir de prétexte. Si j'avais été seule, moi aussi, j'aurais peut-être engagé la conversation, mais puisque ma gamine était là, je me suis abstenue...


PS : Oui, j'avais illustré mon billet sur la sortie avec Mr Thing Two de photos de ce dernier, et ici, de la miss, pas l'ombre. N'y lisez pas un acte manqué quelconque, mais au cinéma, on ne prend pas de photos, et quand nous sommes sorties du cinéma, il faisait déjà nuit. Et le salon de thé n'était pas spécialement joli. Bref, l'appareil est resté dans mon sac cette fois-ci. Ce n'est que partie remise !

mercredi 18 janvier 2017

Boulot : en avoir, ou pas

Je bosse, je bosse, je bosse. Et je bosse. Et je bosse. J'essaie de rattraper le retard pris sur mon planning. Je n'aurais jamais dû accepter ce roman en plus, en novembre. Je me couche tous les soirs à minuit passé. J'ai arrêté de faire du sport. J'ai fait une croix sur l'idée d'aller au cinéma, même si j'ai une place gratuite à utiliser. Je ne coche presque plus de cases de ma liste de choses à faire. Entre deux chapitres, je prends quelques minutes pour regarder sur Internet des recettes de cuisine ou des modèles de boucles d'oreilles que je n'ai pas le temps de faire. Et bien entendu, même si je pique du nez sur mon clavier pendant la journée, une fois le soir venu, je n'arrive pas à m'endormir : passer douze heures par jour devant un écran n'a jamais favorisé le sommeil. Du coup, je passe des heures à calculer le nombre de pages qu'il faudra que je traduise le lendemain ou à repenser avec horreur à toutes les démarches administratives ou aux fiches de lecture que je n'ai pas faites.

Cependant, vous l'aurez remarqué, je continue à bloguer. J'ai songé à m'arrêter quelques semaines, mais je me suis dit que j'allais plutôt publier des textes courts jusqu'à ce que j'arrive à reprendre un rythme normal. J'aimerais bien vous parler du dessin animé Ballerina et de ma sortie avec Miss Thing One, pourtant. Peut-être demain. Ou jeudi. Ou jamais. Il y a plusieurs sorties que j'ai faites à Noël qui attendent encore d'être mentionnées ici...

Allez, je file au lit. Plus que deux semaines et deux jours à tenir. Je devrais y arriver. Je vais essayer, en tous cas.

Et pendant ce temps-là, Darling, lui, s'est retrouvé brutalement au chômage. Certes, cela signifie au moins qu'il peut aller chercher les enfants à l'école, mais la plus grande partie des choses que je dois faire ne peuvent l'être que par moi, ou alors cela prendrait autant de temps de lui expliquer que de le faire moi-même. Donc il passe une partie de ses journées à se tourner les pouces, et à me taper sur les nerfs, que j'ai fragiles, forcément.

Le monde est mal fait, parfois.
(Demain, quelques pollyanneries ?)

lundi 16 janvier 2017

Le Filou a mal aux pieds (ou aux chaussures)

Samedi, sortie avec les enfants. Petit tour à l'expo "Paris en légo" à l'Hôtel de Ville avant qu'elle ne disparaisse (bof, un peu décevant, je m'attendais à voir plus de reproductions de monuments, en plus grand ; en fin de compte, la boutique Lego des Halles vaut mieux...), puis achat de nouvelles chaussures pour toute la famille, puis promenade sur les Voies sur Berge. Au retour, le Filou, qui a gardé aux pieds ses chaussures toutes neuves, se plaint qu'elles lui font mal. Dans le RER, on remet donc les vieilles chaussures, mais il a eu le temps de se faire une ampoule, donc il s'étonne :
— En fin t'compte, ça y était pas les saussures qui fontaient* mal aux pieds, c'était mes pieds !
— Tu veux dire que ce n'étaient pas des chaussures qui te faisaient mal aux pieds, mais tes pieds qui faisaient mal à tes chaussure ? demandé-je, taquine.
— Oui, c'est ça !
Nous avons tous éclaté de rire, et il lui a fallu quelques instants pour comprendre pourquoi...

*3ème personne du pluriel du verbe "faire" à l'imparfait, sur le modèle du présent : ils font - ils fontaient.

samedi 14 janvier 2017

Sous-catégorie

Extrait du documentaire que je viens de terminer de traduire :

"À l'intérieur, il y avait 151 hommes et 20 femmes et enfants."

Ça se passe de commentaires, non ?

(Comme l'info était connue, après vérification, j'ai traduit par "À bord, il y avait 151 hommes, 10 femmes et 10 enfants.")



(Ça m'a rappelé Le seigneur des anneaux, quand Legolas et Aragorn se plaignent qu'il n'y a pas assez d'hommes valides pour défendre Helm's Deep, et qu'on voit que sont enrôlés des vieillards boiteux et des gamins hauts comme trois pommes, pendant que les femmes – même celles qui sont grandes et fortes, même celles qui sont dans la force de l'âge, même celles qui n'ont pas d'enfants – sont priées d'aller s'enfermer avec les gosses et d'attendre gentiment que les orcs viennent les massacrer.)

vendredi 13 janvier 2017

Fofo en randonnée

Après SuperFofo et Fofo Bond Girl et Fofo à vélo, la série continue, toujours aussi flatteuse (je vous laisse deviner si c'est parce que je censure les dessins moins avantageux ou pas).



(Cliquez sur l'image pour la voir en grand)

(Ah la la, j'aimerais bien partir en randonnée pour de vrai...)